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Edito du curé – dimanche 15 mars 2026

lelien

«  Je suis la lumière du monde »

De l’affirmation « je suis l’eau qui donne la vie » dimanche dernier, à « je suis la lumière du monde » ce dimanche, les textes liturgiques, comme une sorte de chemin balisé, font progresser d’une part les fidèles baptisés vers une redécouverte de l’identité de Jésus, et d’autre part les catéchumènes vers l’illumination de leur vie au contact de ce même Jésus. Leur participation aux scrutins est à la fois conversion, illumination et purification. D’ailleurs, le terme liturgique de « scrutin » n’évoque-t-il pas un temps de discernement progressif, un temps de cœur à cœur avec Dieu où le catéchumène devient son élu, son préféré, son choix, son dévolu ! L’épisode de l’aveugle-né de Saint Jean qui nourrit le 2ème scrutin de ce dimanche est un véritable portrait du chemin catéchuménal que l’Eglise propose à ses enfants qui veulent entrer dans la lumière de Dieu par le bain du baptême. 

D’une manière générale, l’identité de Jésus dans l’évangile de Saint Jean s’exprime sous l’aspect de signes qui se dévoilent progressivement, suite à de multiples rencontres où les interlocuteurs découvrent la messianité de Jésus, véritable fils de David annoncé par les prophètes. De la rencontre avec Nicodème (Jn 3, 1…) à celle de l’aveugle de naissance (Jn 9, 1…) en passant par celle de la Samaritaine (Jn 4, 1…) et celle du paralysé de Bethzatha (Jn 5, 1…), l’auteur du 4ème évangile nous fait découvrir, à travers ces rencontres informelles avec des personnes aux visages atypiques, un pan essentiel de l’identité de l’homme-Jésus. A chacune de ces rencontres, Saint Jean présente l’identité de Jésus sous un voile qu’il faut enlever pour mieux voir, mieux identifier l’Inconnu ; alors s’engage une véritable adhésion au Christ que les différents interlocuteurs viennent de découvrir et cherchent à proclamer, à exhiber comme un véritable trésor. Devant les menaces et les injures des Pharisiens qui tentent à le museler, l’aveugle-guéri atteste sans craindre les représailles : « je sais une chose, j’étais aveugle et il m’a guéri », conviction que rien ne peut déraciner en lui. 

La clarté de la lumière qui va désormais inonder ses yeux jadis enfermés dans la nuit va complétement bouleverser sa vie : il passe des ténèbres à la lumière, celle que diffuse le Ressuscité. Le grand chamboulement qui s’opère dans la vie de cet homme n’est certainement pas la guérison de sa cécité physique, mais de cet autre aveuglement qui l’empêchait d’accueillir la nouveauté de l’évangile et du salut inaugurés par Jésus. La guérison controversée de cet aveugle est l’exemple même du parcours spirituel de tout baptisé, à travers lequel Saint Jean souligne la nécessité d’un passage à opérer, d’un cap à franchir, d’un désert à traverser, d’un état à changer : « j’étais aveugle et je vois » ! 

Saint Jean met ainsi en exergue le contraste entre la cécité physique de cet homme et cette autre cécité, celle du cœur, incarnée par les Pharisiens qui se ferment mordicus à la lumière. Plongés dans leur certitude de professionnels de la Loi, les Pharisiens ne savent plus discerner l’action de Dieu. Leur enfermement dans les ténèbres profondes d’un passé nostalgique est un aveuglement qui envahit notre monde actuel. Vous avez dit « aveuglement »? C’est la prétention orgueilleuse d’une frange de penseurs contemporains à qualifier le XVIIème siècle, de « siècle des Lumières » (1715 à 1789) ! Nous subissons encore de nos jours les affres de ce courant philosophique qui a tracé les sillons du rationalisme omnipotent, de l’individualisme aveugle et du libéralisme athée. Peut-être les pères de ce mouvement de pensée avaient-ils imaginé sortir le monde de l’obscurantisme alors qu’ils l’enfonçaient dans leur aveuglement où Dieu n’a plus de place et où l’homme n’a de valeur que par rapport à ce qu’il produit, à son utilité dans la société économique guidée par les calculs et les intérêts à maximiser. La loi d’aide à mourir, celle qui donne la mort aux personnes malades, puise son inspiration dans une telle illumination aveuglante.  

Nos chers Pharisiens qui, on le voit bien, pensaient aussi « garder la Loi », en sacrifiant cet aveugle-né et en niant sa guérison objective, n’ont-ils pas su qu’ils desservaient de cette manière cette même Loi dont le but est de libérer l’homme ? De même, les philosophes des Lumières qui pensaient donner à l’homme ses lettre de noblesse en le coupant de Dieu, sa racine pivotante, l’ont rendu esclave de leurs pensées assez prétentieuses. L’homme issu du moule du siècle de Lumières est un individu et non une personne, un être essentiellement de relation, ouvert à Dieu et à son environnement qu’il gère sans le dévorer pour les fins économiques. 

Le personnage de cet aveugle-né est un signe, au sens sacramentel du terme. Dans le sacrement, l’invisible est enveloppé par ce qui est visible : le signe sensible, ce qui cache le vrai sens du message à saisir… Voilà un geste simple qui débouche sur un fait extraordinaire, un parcours ténébreux qui s’ouvre à la lumière qu’est le Christ.

Tout le drame de cet homme n’est pas qu’il soit né aveugle. L’aventure qu’il vit ou qu’il traverse est liée à sa guérison. Le récit se présente comme un procès déclenché par une guérison accomplie par Jésus. Depuis cette guérison qu’il n’a pas objectivement demandée, l’aveugle-né est seul contre tous. L’aveugle-né est un homme anonyme pour tous, mais l’aveugle-guéri devient protagoniste aux yeux de tous, un homme dont la vie, désormais, interroge et dérange. 

Saint Jean trace ainsi le portrait du chrétien, celui qui comme cet aveugle-guéri, embrasse le Christ. La vie chrétienne, ne l’oublions pas, est une interrogation poignante adressée à notre monde qui rejette Dieu. Il n’est pas possible d’être chrétien aujourd’hui et de vouloir absolument faire l’unanimité, voire même trouver sa place dans la société, sans être « stigmatisé ». Cet aveugle-guéri est le symbole de la résistance aux pressions mondaines et aux controverses de tout genre qui bousculent notre identité chrétienne et même la structure de l’Eglise qui tente de se couler dans les idéologies de notre monde. 

Dans cette adversité constante, notre force est dans la grâce agissante du sacrement de baptême que nous avons reçue et que les catéchumènes se préparent à recevoir. Je sais que le combat est pesant, long et périlleux pour faire cette traversée qui mène à Jésus. L’Eglise, agissant au nom du Christ, soutient la traversée des futurs baptisés à travers le rite des scrutins et réconforte celle des baptisés par l’Esprit-Saint reçu à la Confirmation et dans   l’Eucharistie, force de nos âmes.

 

Père Dieudonné, Curé

 

Publié le 12 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 15 mars 2026

«  Je suis la lumière du monde »

De l’affirmation « je suis l’eau qui donne la vie » dimanche dernier, à « je suis la lumière du monde » ce dimanche, les textes liturgiques, comme une sorte de chemin balisé, font progresser d’une part les fidèles baptisés vers une redécouverte de l’identité de Jésus, et d’autre part les catéchumènes vers l’illumination de leur vie au contact de ce même Jésus. Leur participation aux scrutins est à la fois conversion, illumination et purification. D’ailleurs, le terme liturgique de « scrutin » n’évoque-t-il pas un temps de discernement progressif, un temps de cœur à cœur avec Dieu où le catéchumène devient son élu, son préféré, son choix, son dévolu ! L’épisode de l’aveugle-né de Saint Jean qui nourrit le 2ème scrutin de ce dimanche est un véritable portrait du chemin catéchuménal que l’Eglise propose à ses enfants qui veulent entrer dans la lumière de Dieu par le bain du baptême. 

D’une manière générale, l’identité de Jésus dans l’évangile de Saint Jean s’exprime sous l’aspect de signes qui se dévoilent progressivement, suite à de multiples rencontres où les interlocuteurs découvrent la messianité de Jésus, véritable fils de David annoncé par les prophètes. De la rencontre avec Nicodème (Jn 3, 1…) à celle de l’aveugle de naissance (Jn 9, 1…) en passant par celle de la Samaritaine (Jn 4, 1…) et celle du paralysé de Bethzatha (Jn 5, 1…), l’auteur du 4ème évangile nous fait découvrir, à travers ces rencontres informelles avec des personnes aux visages atypiques, un pan essentiel de l’identité de l’homme-Jésus. A chacune de ces rencontres, Saint Jean présente l’identité de Jésus sous un voile qu’il faut enlever pour mieux voir, mieux identifier l’Inconnu ; alors s’engage une véritable adhésion au Christ que les différents interlocuteurs viennent de découvrir et cherchent à proclamer, à exhiber comme un véritable trésor. Devant les menaces et les injures des Pharisiens qui tentent à le museler, l’aveugle-guéri atteste sans craindre les représailles : « je sais une chose, j’étais aveugle et il m’a guéri », conviction que rien ne peut déraciner en lui. 

La clarté de la lumière qui va désormais inonder ses yeux jadis enfermés dans la nuit va complétement bouleverser sa vie : il passe des ténèbres à la lumière, celle que diffuse le Ressuscité. Le grand chamboulement qui s’opère dans la vie de cet homme n’est certainement pas la guérison de sa cécité physique, mais de cet autre aveuglement qui l’empêchait d’accueillir la nouveauté de l’évangile et du salut inaugurés par Jésus. La guérison controversée de cet aveugle est l’exemple même du parcours spirituel de tout baptisé, à travers lequel Saint Jean souligne la nécessité d’un passage à opérer, d’un cap à franchir, d’un désert à traverser, d’un état à changer : « j’étais aveugle et je vois » ! 

Saint Jean met ainsi en exergue le contraste entre la cécité physique de cet homme et cette autre cécité, celle du cœur, incarnée par les Pharisiens qui se ferment mordicus à la lumière. Plongés dans leur certitude de professionnels de la Loi, les Pharisiens ne savent plus discerner l’action de Dieu. Leur enfermement dans les ténèbres profondes d’un passé nostalgique est un aveuglement qui envahit notre monde actuel. Vous avez dit « aveuglement »? C’est la prétention orgueilleuse d’une frange de penseurs contemporains à qualifier le XVIIème siècle, de « siècle des Lumières » (1715 à 1789) ! Nous subissons encore de nos jours les affres de ce courant philosophique qui a tracé les sillons du rationalisme omnipotent, de l’individualisme aveugle et du libéralisme athée. Peut-être les pères de ce mouvement de pensée avaient-ils imaginé sortir le monde de l’obscurantisme alors qu’ils l’enfonçaient dans leur aveuglement où Dieu n’a plus de place et où l’homme n’a de valeur que par rapport à ce qu’il produit, à son utilité dans la société économique guidée par les calculs et les intérêts à maximiser. La loi d’aide à mourir, celle qui donne la mort aux personnes malades, puise son inspiration dans une telle illumination aveuglante.  

Nos chers Pharisiens qui, on le voit bien, pensaient aussi « garder la Loi », en sacrifiant cet aveugle-né et en niant sa guérison objective, n’ont-ils pas su qu’ils desservaient de cette manière cette même Loi dont le but est de libérer l’homme ? De même, les philosophes des Lumières qui pensaient donner à l’homme ses lettre de noblesse en le coupant de Dieu, sa racine pivotante, l’ont rendu esclave de leurs pensées assez prétentieuses. L’homme issu du moule du siècle de Lumières est un individu et non une personne, un être essentiellement de relation, ouvert à Dieu et à son environnement qu’il gère sans le dévorer pour les fins économiques. 

Le personnage de cet aveugle-né est un signe, au sens sacramentel du terme. Dans le sacrement, l’invisible est enveloppé par ce qui est visible : le signe sensible, ce qui cache le vrai sens du message à saisir… Voilà un geste simple qui débouche sur un fait extraordinaire, un parcours ténébreux qui s’ouvre à la lumière qu’est le Christ.

Tout le drame de cet homme n’est pas qu’il soit né aveugle. L’aventure qu’il vit ou qu’il traverse est liée à sa guérison. Le récit se présente comme un procès déclenché par une guérison accomplie par Jésus. Depuis cette guérison qu’il n’a pas objectivement demandée, l’aveugle-né est seul contre tous. L’aveugle-né est un homme anonyme pour tous, mais l’aveugle-guéri devient protagoniste aux yeux de tous, un homme dont la vie, désormais, interroge et dérange. 

Saint Jean trace ainsi le portrait du chrétien, celui qui comme cet aveugle-guéri, embrasse le Christ. La vie chrétienne, ne l’oublions pas, est une interrogation poignante adressée à notre monde qui rejette Dieu. Il n’est pas possible d’être chrétien aujourd’hui et de vouloir absolument faire l’unanimité, voire même trouver sa place dans la société, sans être « stigmatisé ». Cet aveugle-guéri est le symbole de la résistance aux pressions mondaines et aux controverses de tout genre qui bousculent notre identité chrétienne et même la structure de l’Eglise qui tente de se couler dans les idéologies de notre monde. 

Dans cette adversité constante, notre force est dans la grâce agissante du sacrement de baptême que nous avons reçue et que les catéchumènes se préparent à recevoir. Je sais que le combat est pesant, long et périlleux pour faire cette traversée qui mène à Jésus. L’Eglise, agissant au nom du Christ, soutient la traversée des futurs baptisés à travers le rite des scrutins et réconforte celle des baptisés par l’Esprit-Saint reçu à la Confirmation et dans   l’Eucharistie, force de nos âmes.

 

Père Dieudonné, Curé

 

Publié le 12 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 15 mars 2026

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«  Je suis la lumière du monde »

De l’affirmation « je suis l’eau qui donne la vie » dimanche dernier, à « je suis la lumière du monde » ce dimanche, les textes liturgiques, comme une sorte de chemin balisé, font progresser d’une part les fidèles baptisés vers une redécouverte de l’identité de Jésus, et d’autre part les catéchumènes vers l’illumination de leur vie au contact de ce même Jésus. Leur participation aux scrutins est à la fois conversion, illumination et purification. D’ailleurs, le terme liturgique de « scrutin » n’évoque-t-il pas un temps de discernement progressif, un temps de cœur à cœur avec Dieu où le catéchumène devient son élu, son préféré, son choix, son dévolu ! L’épisode de l’aveugle-né de Saint Jean qui nourrit le 2ème scrutin de ce dimanche est un véritable portrait du chemin catéchuménal que l’Eglise propose à ses enfants qui veulent entrer dans la lumière de Dieu par le bain du baptême. 

D’une manière générale, l’identité de Jésus dans l’évangile de Saint Jean s’exprime sous l’aspect de signes qui se dévoilent progressivement, suite à de multiples rencontres où les interlocuteurs découvrent la messianité de Jésus, véritable fils de David annoncé par les prophètes. De la rencontre avec Nicodème (Jn 3, 1…) à celle de l’aveugle de naissance (Jn 9, 1…) en passant par celle de la Samaritaine (Jn 4, 1…) et celle du paralysé de Bethzatha (Jn 5, 1…), l’auteur du 4ème évangile nous fait découvrir, à travers ces rencontres informelles avec des personnes aux visages atypiques, un pan essentiel de l’identité de l’homme-Jésus. A chacune de ces rencontres, Saint Jean présente l’identité de Jésus sous un voile qu’il faut enlever pour mieux voir, mieux identifier l’Inconnu ; alors s’engage une véritable adhésion au Christ que les différents interlocuteurs viennent de découvrir et cherchent à proclamer, à exhiber comme un véritable trésor. Devant les menaces et les injures des Pharisiens qui tentent à le museler, l’aveugle-guéri atteste sans craindre les représailles : « je sais une chose, j’étais aveugle et il m’a guéri », conviction que rien ne peut déraciner en lui. 

La clarté de la lumière qui va désormais inonder ses yeux jadis enfermés dans la nuit va complétement bouleverser sa vie : il passe des ténèbres à la lumière, celle que diffuse le Ressuscité. Le grand chamboulement qui s’opère dans la vie de cet homme n’est certainement pas la guérison de sa cécité physique, mais de cet autre aveuglement qui l’empêchait d’accueillir la nouveauté de l’évangile et du salut inaugurés par Jésus. La guérison controversée de cet aveugle est l’exemple même du parcours spirituel de tout baptisé, à travers lequel Saint Jean souligne la nécessité d’un passage à opérer, d’un cap à franchir, d’un désert à traverser, d’un état à changer : « j’étais aveugle et je vois » ! 

Saint Jean met ainsi en exergue le contraste entre la cécité physique de cet homme et cette autre cécité, celle du cœur, incarnée par les Pharisiens qui se ferment mordicus à la lumière. Plongés dans leur certitude de professionnels de la Loi, les Pharisiens ne savent plus discerner l’action de Dieu. Leur enfermement dans les ténèbres profondes d’un passé nostalgique est un aveuglement qui envahit notre monde actuel. Vous avez dit « aveuglement »? C’est la prétention orgueilleuse d’une frange de penseurs contemporains à qualifier le XVIIème siècle, de « siècle des Lumières » (1715 à 1789) ! Nous subissons encore de nos jours les affres de ce courant philosophique qui a tracé les sillons du rationalisme omnipotent, de l’individualisme aveugle et du libéralisme athée. Peut-être les pères de ce mouvement de pensée avaient-ils imaginé sortir le monde de l’obscurantisme alors qu’ils l’enfonçaient dans leur aveuglement où Dieu n’a plus de place et où l’homme n’a de valeur que par rapport à ce qu’il produit, à son utilité dans la société économique guidée par les calculs et les intérêts à maximiser. La loi d’aide à mourir, celle qui donne la mort aux personnes malades, puise son inspiration dans une telle illumination aveuglante.  

Nos chers Pharisiens qui, on le voit bien, pensaient aussi « garder la Loi », en sacrifiant cet aveugle-né et en niant sa guérison objective, n’ont-ils pas su qu’ils desservaient de cette manière cette même Loi dont le but est de libérer l’homme ? De même, les philosophes des Lumières qui pensaient donner à l’homme ses lettre de noblesse en le coupant de Dieu, sa racine pivotante, l’ont rendu esclave de leurs pensées assez prétentieuses. L’homme issu du moule du siècle de Lumières est un individu et non une personne, un être essentiellement de relation, ouvert à Dieu et à son environnement qu’il gère sans le dévorer pour les fins économiques. 

Le personnage de cet aveugle-né est un signe, au sens sacramentel du terme. Dans le sacrement, l’invisible est enveloppé par ce qui est visible : le signe sensible, ce qui cache le vrai sens du message à saisir… Voilà un geste simple qui débouche sur un fait extraordinaire, un parcours ténébreux qui s’ouvre à la lumière qu’est le Christ.

Tout le drame de cet homme n’est pas qu’il soit né aveugle. L’aventure qu’il vit ou qu’il traverse est liée à sa guérison. Le récit se présente comme un procès déclenché par une guérison accomplie par Jésus. Depuis cette guérison qu’il n’a pas objectivement demandée, l’aveugle-né est seul contre tous. L’aveugle-né est un homme anonyme pour tous, mais l’aveugle-guéri devient protagoniste aux yeux de tous, un homme dont la vie, désormais, interroge et dérange. 

Saint Jean trace ainsi le portrait du chrétien, celui qui comme cet aveugle-guéri, embrasse le Christ. La vie chrétienne, ne l’oublions pas, est une interrogation poignante adressée à notre monde qui rejette Dieu. Il n’est pas possible d’être chrétien aujourd’hui et de vouloir absolument faire l’unanimité, voire même trouver sa place dans la société, sans être « stigmatisé ». Cet aveugle-guéri est le symbole de la résistance aux pressions mondaines et aux controverses de tout genre qui bousculent notre identité chrétienne et même la structure de l’Eglise qui tente de se couler dans les idéologies de notre monde. 

Dans cette adversité constante, notre force est dans la grâce agissante du sacrement de baptême que nous avons reçue et que les catéchumènes se préparent à recevoir. Je sais que le combat est pesant, long et périlleux pour faire cette traversée qui mène à Jésus. L’Eglise, agissant au nom du Christ, soutient la traversée des futurs baptisés à travers le rite des scrutins et réconforte celle des baptisés par l’Esprit-Saint reçu à la Confirmation et dans   l’Eucharistie, force de nos âmes.

 

Père Dieudonné, Curé

 

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Publié le 12 mars 2026