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Edito du curé – dimanche du Saint Sacrement – 7 juin 2026

lelien

« Que le pain se change en son Corps… Que le vin se change en son Sang. »

Que célébrons-nous en ce dimanche ? La Fête-Dieu ? La fête du très Saint-Sacrement ? La Fête de l’Eucharistie ? La fête du Corps du Christ ? La fête de La Première communion? La liste pourrait s’allonger pour exprimer le mystère que l’Eglise célèbre en ce jour. Toutes ces expressions nous donnent une approche de ce que le catéchisme de l’Eglise appelle « source et sommet de la vie chrétienne ». Ce sacrement est le mode de présence atypique de Dieu sur la terre.

Seulement, les premiers chrétiens « n’adoraient » pas – au sens liturgique du terme – le Corps du Christ. Dans les premières assemblées, les fidèles se réunissaient exclusivement pour partager le pain (Ac 2,42). Le geste de la fraction du pain était essentiellement un repas en souvenir, à la fois, de la Pâque ancienne supplée par la Pâque nouvelle instituée par Jésus, le Jeudi Saint : « Prenez et mangez ceci est mon corps. Prenez et buvez ceci est mon sang ». Jusqu’au XIIIème siècle, la manducation dominait le rite eucharistique. Certes, ce pain devenu « corps du Christ » a toujours été entouré d’un profond respect, symbole fort de l’Alliance que Jésus a signée de son sang, en confirmation de celle du sang de l’Agneau immolé lors de la sortie d’Egypte : « Il t’a fait passer par la pauvreté, Il t’a fait sentir la faim et il t’a donné à manger la manne.»

 De la manducation à l’adoration ? On pourrait penser à une sorte de glissement de sens. Pourtant, il ne s’agit pas « d’une évolution ni d’une révolution » de la pratique de l’Eglise catholique, mais d’un approfondissement de ce mystère à travers lequel Dieu est réellement présent. La messe de ce dimanche est pour l’Eglise, un moment emblématique du développement d’une catéchèse autour du « Très Saint Sacrement », une nourriture pour nos âmes, mais surtout, une haute présence de Dieu dans nos vies. La séquence composée par saint Thomas d’Aquin et lue en ce jour, évoque ce double sens et professe surtout le véritable credo du Saint Sacrement. Le but est de dire solennellement à Dieu toute notre reconnaissance pour ce résumé indescriptible de ses bienfaits qu’est le pain eucharistique, nourriture de nos âmes et pain de la route (le viatique) pour les fidèles qui traversent l’épreuve de la maladie.

L’expression « Fête-Dieu » est aussi en rapport avec les honneurs populaires et solennels rendus à Jésus-eucharistie à travers des processions. En plus de la manducation du corps du Christ, cette fête célèbre la présence réelle de Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie, c’est-à-dire, sous les espèces du pain et du vin.

En rendant cette fête obligatoire dans toute l’Eglise, le Pape Urbain IV souligne deux raisons : une raison de foi et de culte en réponse aux hérésies concernant le mystère de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et d’autre part la promotion du mouvement de la dévotion populaire envers le Sacrement de l’Autel. De nos jours, l’hérésie n’est plus de ne pas croire en la présence réelle, mais d’avoir une attitude extérieure peu révérencielle vis-à-vis de ce pain sacré, la banalisation de l’acte de communier. Rappelons que communier n’est pas d’abord une question de « j’ai droit », mais une question de « dignité », une correspondance entre ma vie chrétienne et Celui que je reçois. Car ce que je reçois est si grand, qu’il mérite de ma part une attitude d’adoration et d’humilité. 

Lieu de catéchèse par excellence, la liturgie eucharistique nous offre la manducation et l’adoration.  Le rite de l’élévation du pain et du vin consacrés initie déjà les fidèles à adorer « Dieu présent dans l’hostie ». L’institution de la Fête-Dieu prolonge alors ce qui vient d’être célébré à la messe, la transformation du pain en corps du Christ et du vin en son sang. Porté en procession en dehors de l’église, ce Corps qui a nourri nos âmes affamées est exposé à la contemplation et à l’adoration de tous. A la Fête-Dieu, les chrétiens adorent ce qu’ils ont mangé, ils louent ce qui est présent en eux, ils rendent grâce à Dieu pour le don merveilleux du sacrifice de son Fils devenu offrande et nourriture par le ministère des prêtres. Au-delà de la manducation, la solennité de la Fête-Dieu est un approfondissement pour les chrétiens  catholiques du culte populaire de l’adoration et de la contemplation de la grandeur de Dieu qui se laisse « emprisonner » dans la petite hostie. Dieu ne se dépouille pas seulement quand il se fait homme, il se dépouille encore lorsque sa grandeur se concentre dans ce petit morceau de pain consacré et partagé, où « le Christ n’est en rien divisé, ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué » (séquence de St Thomas).

Dans l’Adoration du Très Saint Sacrement, ne nous laissons pas distraire par les dorures baroques de l’ostensoir ni par les décorations florales, mais concentrons-nous sur la petite hostie portée par la lunule, signe d’un Dieu présent, silencieux et offert. C’est pourquoi l’attitude révérencielle est absolument requise lorsque nous recevons la Sainte communion. Comment peut-on véritablement adorer ce qui est reçu, dans un élan irrévérencieux ? Lorsqu’on s’avance devant la « sainteté de Dieu », devant sa présence inouïe, nous devons faire ce qu’Il a demandé à Moïse à l’approche du Buisson ardent : « Moïse ! Moïse ! Me voici, répondit-il ! Ne t’approche pas d’ici, Retire tes sandales car ce lieu est saint » (Ex 3, 5). Le dépouillement extérieur se traduit dans notre humilité extérieure.

N’oublions jamais qu’à chaque communion, « nous venons à la table d’un si grand mystère » pour nous « imprégner de Sa grâce ». Et à chaque adoration eucharistique, nous sommes en présence de Dieu, présence qui, dans les églises, est souvent symbolisée par une « petite lumière ».

Père Dieudonné MASSOMA, Curé

Publié le 04 juin 2026

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Edito du curé – dimanche du Saint Sacrement – 7 juin 2026

« Que le pain se change en son Corps… Que le vin se change en son Sang. »

Que célébrons-nous en ce dimanche ? La Fête-Dieu ? La fête du très Saint-Sacrement ? La Fête de l’Eucharistie ? La fête du Corps du Christ ? La fête de La Première communion? La liste pourrait s’allonger pour exprimer le mystère que l’Eglise célèbre en ce jour. Toutes ces expressions nous donnent une approche de ce que le catéchisme de l’Eglise appelle « source et sommet de la vie chrétienne ». Ce sacrement est le mode de présence atypique de Dieu sur la terre.

Seulement, les premiers chrétiens « n’adoraient » pas – au sens liturgique du terme – le Corps du Christ. Dans les premières assemblées, les fidèles se réunissaient exclusivement pour partager le pain (Ac 2,42). Le geste de la fraction du pain était essentiellement un repas en souvenir, à la fois, de la Pâque ancienne supplée par la Pâque nouvelle instituée par Jésus, le Jeudi Saint : « Prenez et mangez ceci est mon corps. Prenez et buvez ceci est mon sang ». Jusqu’au XIIIème siècle, la manducation dominait le rite eucharistique. Certes, ce pain devenu « corps du Christ » a toujours été entouré d’un profond respect, symbole fort de l’Alliance que Jésus a signée de son sang, en confirmation de celle du sang de l’Agneau immolé lors de la sortie d’Egypte : « Il t’a fait passer par la pauvreté, Il t’a fait sentir la faim et il t’a donné à manger la manne.»

 De la manducation à l’adoration ? On pourrait penser à une sorte de glissement de sens. Pourtant, il ne s’agit pas « d’une évolution ni d’une révolution » de la pratique de l’Eglise catholique, mais d’un approfondissement de ce mystère à travers lequel Dieu est réellement présent. La messe de ce dimanche est pour l’Eglise, un moment emblématique du développement d’une catéchèse autour du « Très Saint Sacrement », une nourriture pour nos âmes, mais surtout, une haute présence de Dieu dans nos vies. La séquence composée par saint Thomas d’Aquin et lue en ce jour, évoque ce double sens et professe surtout le véritable credo du Saint Sacrement. Le but est de dire solennellement à Dieu toute notre reconnaissance pour ce résumé indescriptible de ses bienfaits qu’est le pain eucharistique, nourriture de nos âmes et pain de la route (le viatique) pour les fidèles qui traversent l’épreuve de la maladie.

L’expression « Fête-Dieu » est aussi en rapport avec les honneurs populaires et solennels rendus à Jésus-eucharistie à travers des processions. En plus de la manducation du corps du Christ, cette fête célèbre la présence réelle de Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie, c’est-à-dire, sous les espèces du pain et du vin.

En rendant cette fête obligatoire dans toute l’Eglise, le Pape Urbain IV souligne deux raisons : une raison de foi et de culte en réponse aux hérésies concernant le mystère de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et d’autre part la promotion du mouvement de la dévotion populaire envers le Sacrement de l’Autel. De nos jours, l’hérésie n’est plus de ne pas croire en la présence réelle, mais d’avoir une attitude extérieure peu révérencielle vis-à-vis de ce pain sacré, la banalisation de l’acte de communier. Rappelons que communier n’est pas d’abord une question de « j’ai droit », mais une question de « dignité », une correspondance entre ma vie chrétienne et Celui que je reçois. Car ce que je reçois est si grand, qu’il mérite de ma part une attitude d’adoration et d’humilité. 

Lieu de catéchèse par excellence, la liturgie eucharistique nous offre la manducation et l’adoration.  Le rite de l’élévation du pain et du vin consacrés initie déjà les fidèles à adorer « Dieu présent dans l’hostie ». L’institution de la Fête-Dieu prolonge alors ce qui vient d’être célébré à la messe, la transformation du pain en corps du Christ et du vin en son sang. Porté en procession en dehors de l’église, ce Corps qui a nourri nos âmes affamées est exposé à la contemplation et à l’adoration de tous. A la Fête-Dieu, les chrétiens adorent ce qu’ils ont mangé, ils louent ce qui est présent en eux, ils rendent grâce à Dieu pour le don merveilleux du sacrifice de son Fils devenu offrande et nourriture par le ministère des prêtres. Au-delà de la manducation, la solennité de la Fête-Dieu est un approfondissement pour les chrétiens  catholiques du culte populaire de l’adoration et de la contemplation de la grandeur de Dieu qui se laisse « emprisonner » dans la petite hostie. Dieu ne se dépouille pas seulement quand il se fait homme, il se dépouille encore lorsque sa grandeur se concentre dans ce petit morceau de pain consacré et partagé, où « le Christ n’est en rien divisé, ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué » (séquence de St Thomas).

Dans l’Adoration du Très Saint Sacrement, ne nous laissons pas distraire par les dorures baroques de l’ostensoir ni par les décorations florales, mais concentrons-nous sur la petite hostie portée par la lunule, signe d’un Dieu présent, silencieux et offert. C’est pourquoi l’attitude révérencielle est absolument requise lorsque nous recevons la Sainte communion. Comment peut-on véritablement adorer ce qui est reçu, dans un élan irrévérencieux ? Lorsqu’on s’avance devant la « sainteté de Dieu », devant sa présence inouïe, nous devons faire ce qu’Il a demandé à Moïse à l’approche du Buisson ardent : « Moïse ! Moïse ! Me voici, répondit-il ! Ne t’approche pas d’ici, Retire tes sandales car ce lieu est saint » (Ex 3, 5). Le dépouillement extérieur se traduit dans notre humilité extérieure.

N’oublions jamais qu’à chaque communion, « nous venons à la table d’un si grand mystère » pour nous « imprégner de Sa grâce ». Et à chaque adoration eucharistique, nous sommes en présence de Dieu, présence qui, dans les églises, est souvent symbolisée par une « petite lumière ».

Père Dieudonné MASSOMA, Curé

Publié le 04 juin 2026

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Edito du curé – dimanche du Saint Sacrement – 7 juin 2026

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« Que le pain se change en son Corps… Que le vin se change en son Sang. »

Que célébrons-nous en ce dimanche ? La Fête-Dieu ? La fête du très Saint-Sacrement ? La Fête de l’Eucharistie ? La fête du Corps du Christ ? La fête de La Première communion? La liste pourrait s’allonger pour exprimer le mystère que l’Eglise célèbre en ce jour. Toutes ces expressions nous donnent une approche de ce que le catéchisme de l’Eglise appelle « source et sommet de la vie chrétienne ». Ce sacrement est le mode de présence atypique de Dieu sur la terre.

Seulement, les premiers chrétiens « n’adoraient » pas – au sens liturgique du terme – le Corps du Christ. Dans les premières assemblées, les fidèles se réunissaient exclusivement pour partager le pain (Ac 2,42). Le geste de la fraction du pain était essentiellement un repas en souvenir, à la fois, de la Pâque ancienne supplée par la Pâque nouvelle instituée par Jésus, le Jeudi Saint : « Prenez et mangez ceci est mon corps. Prenez et buvez ceci est mon sang ». Jusqu’au XIIIème siècle, la manducation dominait le rite eucharistique. Certes, ce pain devenu « corps du Christ » a toujours été entouré d’un profond respect, symbole fort de l’Alliance que Jésus a signée de son sang, en confirmation de celle du sang de l’Agneau immolé lors de la sortie d’Egypte : « Il t’a fait passer par la pauvreté, Il t’a fait sentir la faim et il t’a donné à manger la manne.»

 De la manducation à l’adoration ? On pourrait penser à une sorte de glissement de sens. Pourtant, il ne s’agit pas « d’une évolution ni d’une révolution » de la pratique de l’Eglise catholique, mais d’un approfondissement de ce mystère à travers lequel Dieu est réellement présent. La messe de ce dimanche est pour l’Eglise, un moment emblématique du développement d’une catéchèse autour du « Très Saint Sacrement », une nourriture pour nos âmes, mais surtout, une haute présence de Dieu dans nos vies. La séquence composée par saint Thomas d’Aquin et lue en ce jour, évoque ce double sens et professe surtout le véritable credo du Saint Sacrement. Le but est de dire solennellement à Dieu toute notre reconnaissance pour ce résumé indescriptible de ses bienfaits qu’est le pain eucharistique, nourriture de nos âmes et pain de la route (le viatique) pour les fidèles qui traversent l’épreuve de la maladie.

L’expression « Fête-Dieu » est aussi en rapport avec les honneurs populaires et solennels rendus à Jésus-eucharistie à travers des processions. En plus de la manducation du corps du Christ, cette fête célèbre la présence réelle de Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie, c’est-à-dire, sous les espèces du pain et du vin.

En rendant cette fête obligatoire dans toute l’Eglise, le Pape Urbain IV souligne deux raisons : une raison de foi et de culte en réponse aux hérésies concernant le mystère de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et d’autre part la promotion du mouvement de la dévotion populaire envers le Sacrement de l’Autel. De nos jours, l’hérésie n’est plus de ne pas croire en la présence réelle, mais d’avoir une attitude extérieure peu révérencielle vis-à-vis de ce pain sacré, la banalisation de l’acte de communier. Rappelons que communier n’est pas d’abord une question de « j’ai droit », mais une question de « dignité », une correspondance entre ma vie chrétienne et Celui que je reçois. Car ce que je reçois est si grand, qu’il mérite de ma part une attitude d’adoration et d’humilité. 

Lieu de catéchèse par excellence, la liturgie eucharistique nous offre la manducation et l’adoration.  Le rite de l’élévation du pain et du vin consacrés initie déjà les fidèles à adorer « Dieu présent dans l’hostie ». L’institution de la Fête-Dieu prolonge alors ce qui vient d’être célébré à la messe, la transformation du pain en corps du Christ et du vin en son sang. Porté en procession en dehors de l’église, ce Corps qui a nourri nos âmes affamées est exposé à la contemplation et à l’adoration de tous. A la Fête-Dieu, les chrétiens adorent ce qu’ils ont mangé, ils louent ce qui est présent en eux, ils rendent grâce à Dieu pour le don merveilleux du sacrifice de son Fils devenu offrande et nourriture par le ministère des prêtres. Au-delà de la manducation, la solennité de la Fête-Dieu est un approfondissement pour les chrétiens  catholiques du culte populaire de l’adoration et de la contemplation de la grandeur de Dieu qui se laisse « emprisonner » dans la petite hostie. Dieu ne se dépouille pas seulement quand il se fait homme, il se dépouille encore lorsque sa grandeur se concentre dans ce petit morceau de pain consacré et partagé, où « le Christ n’est en rien divisé, ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué » (séquence de St Thomas).

Dans l’Adoration du Très Saint Sacrement, ne nous laissons pas distraire par les dorures baroques de l’ostensoir ni par les décorations florales, mais concentrons-nous sur la petite hostie portée par la lunule, signe d’un Dieu présent, silencieux et offert. C’est pourquoi l’attitude révérencielle est absolument requise lorsque nous recevons la Sainte communion. Comment peut-on véritablement adorer ce qui est reçu, dans un élan irrévérencieux ? Lorsqu’on s’avance devant la « sainteté de Dieu », devant sa présence inouïe, nous devons faire ce qu’Il a demandé à Moïse à l’approche du Buisson ardent : « Moïse ! Moïse ! Me voici, répondit-il ! Ne t’approche pas d’ici, Retire tes sandales car ce lieu est saint » (Ex 3, 5). Le dépouillement extérieur se traduit dans notre humilité extérieure.

N’oublions jamais qu’à chaque communion, « nous venons à la table d’un si grand mystère » pour nous « imprégner de Sa grâce ». Et à chaque adoration eucharistique, nous sommes en présence de Dieu, présence qui, dans les églises, est souvent symbolisée par une « petite lumière ».

Père Dieudonné MASSOMA, Curé

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Publié le 04 juin 2026