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Edito du curé – dimanche 8 mars 2026

lelien

 

« Femme », dit Jésus, « Donne-moi à boire ! »

 

Cette demande de Jésus passe parfois inaperçue dans nos commentaires. Et pourtant elle est la clé de cette rencontre providentielle qui se déroule comme un itinéraire de foi : on y entre par un fait banal, la soif d’eau, et on en sort avec le don de la foi, l’obtention d’une fontaine intarissable. Cette demande ouvre le dialogue entre Jésus et cette femme de Samarie qui vient faire sa corvée d’eau, et elle sera aussi déterminante dans la suite de cette rencontre où la soif du premier fera ressortir la soif du deuxième. Sortie de la bouche de Jésus Christ, perfectus Deus et perfectus homo, cette demande est une Révélation qui nous fait découvrir un aspect singulier du visage de l’homme-Jésus : la précarité de Dieu ! « Donne-moi à boire » est une véritable prière. 

Rappelons-nous, « donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17,2) fut la demande, ou mieux la récrimination du peuple hébreux contre Moïse dans leur traversée du désert. Le destin de ce peuple se noue et s’accomplit pleinement dans le visage de Jésus. Il ne prend pas seulement la tête de ce peuple, il épouse ce peuple et l’incarne dans le mystère de l’Eglise, Nouvel Israël ! L’Eglise est ce réceptacle qui rassemble la plainte de l’humanité défigurée par le péché et la dépose entre les mains du Père miséricordieux. En Jésus, au bord de ce puit, Dieu dit sa soif !

Avec Saint Jean, ce cri de Jésus n’est ni figuratif ni un prétexte pour aborder cette femme. Il est le cri de l’Homme-Dieu. Jésus, visiblement en position de faiblesse, de manque, appelle au secours. Dans cette rencontre, St Jean ne fait pas que briser la glace des préjugés ancestraux entre Juifs et Samaritains – entre Dieu et l’homme, malgré la rupture du péché – mais renverse totalement les rôles et les situations. Cette demande place véritablement Jésus, perfectus Deus et perfectus homo, en situation de défaveur. Et c’est de l’inédit ! Un Dieu mendiant qui appelle l’homme à sa rescousse? St Jean décrit le plus haut degré de l’amour indicible de Dieu qui atteindra son point culminant sur la Croix, lorsqu’il dira : « J’ai soif ! » Jn 19,28.

Du haut de la Croix, ce cri n’est pas un cri de désespoir. Il exprime plutôt le désir profond de Dieu d’avoir soif de l’humanité qui s’égare en éjectant Dieu de son existence. Dans les Evangiles de la Passion, pendant que Saint Jean souligne la soif de Jésus comme désir profond d’amour pour l’humanité, Saint Luc, de son côté, mettra les paroles du pardon dans la bouche de Jésus agonisant sur la Croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). La soif d’eau exprimée à la Samaritaine est, à travers l’événement de la Croix, le sommet de l’amour de Dieu, le lieu où se désaltère l’humanité d’hier et d’aujourd’hui. L’Eglise a reçu mission de dispenser cette eau vive dont la source est dans les sacrements.

Depuis la Genèse, le cri de la soif de Dieu pour l’humanité a commencé par l’acte de la création « faisons l’homme à notre image ». Et cette soif atteint son apogée dans le mystère de la rédemption. Pourrais-je oser affirmer ceci ? Au commencement était la soif de Dieu pour l’humanité, et cette soif était la révélation de son amour prévenant, son désir de sauver l’homme, c’est-à-dire de le sortir de cette situation de précarité et d’esclavage dans laquelle le péché l’a soumis. Jésus endure nos soifs pour que nous n’ayons soif que de Lui, eau vive et source jaillissante…

Lorsque le psalmiste criera « mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3), il ne fera que l’écho de la soif prévenante de Dieu pour Lui. De même que Dieu nous a aimés le premier, de même, le premier a eu soif de nous. La Samaritaine devient ainsi le symbole de la manifestation constante de la soif de Dieu pour nous.

Aux catéchumènes qui cheminent vers le baptême, Jésus adresse le même appel et la même prière : j’ai soif de toi ! L’Eglise invite les futurs baptisés, à travers les trois scrutins successifs, à entrer en dialogue avec Jésus, à se laisser atteindre par son regard d’amour, afin de découvrir l’incommensurable don de Dieu qui les attend dans le bain baptismal. « J’ai soif » est pour eux une vibrante invitation à redécouvrir l’amour de Dieu qui s’ouvre dans son abaissement et qui atteint sa plus haute expression sur la croix. De Sa soif, le chrétien étanche sa soif !

Adressé à la Samaritaine comme aux catéchumènes, « donne-moi à boire » est une prière révélatrice de l’image de la fragilité profonde de Dieu qui dépasse le simple désir de désaltérer sa soif d’eau. A travers la demande de ce voyageur exténué par la fatigue, tenaillé par la faim et la soif, Saint Jean met en lumière l’humanité de Dieu qui  n’exclut pas les contingences et les réalités de toute vie humaine. Derrière notre humanité que Jésus assume et porte, se dessine une attente de Dieu : transformer nos soifs ! Jésus n’a pas que soif d’eau, il se fait mendiant pour sortir la Samaritaine de la dépendance dans laquelle le péché l’a soumise. Pour les catéchumènes, la Samaritaine est le symbole d’un cheminement pascal où s’effectue une transformation en profondeur, un passage radical… Désormais, elle peut tout laisser, sa cruche d’eau qui est son unique richesse. Elle se met en route avec une autre soif, celle de partager avec les autres le don de Dieu dont elle est désormais la messagère. La Samaritaine inaugure le sacerdoce baptismal qui investit, par le fait même, tous les baptisés à la mission évangélisatrice. Le baptisé qui a reçu le Christ ne peut que devenir son apôtre zélé !

Commentant cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine, Le Pape François dira : « Jésus avait besoin de rencontrer la samaritaine pour lui ouvrir son cœur. Il lui demande à boire pour faire ressortir la soif qu’elle avait en elle-même. Cette femme en est touchée et elle pose à Jésus les questions profondes qui nous habitent et que nous ignorons souvent. Nous nous posons nous aussi beaucoup de questions mais nous n’avons pas le courage de les adresser à Jésus ! »

Le temps de Carême est propice à cet entretien seul à seul avec Jésus. C’est le temps pour un voyage à l’intérieur de nous-même, le temps d’un examen de conscience, qui, comme la Samaritaine, nous aidera à exposer nos besoins spirituels les plus authentiques à Jésus et à demander son secours. 

Dans cette optique, la paroisse propose à tous baptisés ou catéchumènes, un temps d’entretien de cœur à cœur avec Jésus, sur un Thème assez évocateur : « Carême, Printemps de la vie spirituelle ». L’année de la diaconie ouverte dans notre paroisse nous donne l’occasion de redécouvrir l’autre face de l’évangélisation qui est « le service de mon prochain », la charité, un pilier du Carême vécu en profondeur. Dieu se laisse toucher dans ses entrailles à « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères » (Mt 25,40)

 Reprenons la prière de la Samaritaine dont la vie a été totalement bouleversée au contact de celle de Jésus : « Jésus, donne-moi de cette eau qui étanchera éternellement ma soif ».

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

Publié le 05 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 8 mars 2026

 

« Femme », dit Jésus, « Donne-moi à boire ! »

 

Cette demande de Jésus passe parfois inaperçue dans nos commentaires. Et pourtant elle est la clé de cette rencontre providentielle qui se déroule comme un itinéraire de foi : on y entre par un fait banal, la soif d’eau, et on en sort avec le don de la foi, l’obtention d’une fontaine intarissable. Cette demande ouvre le dialogue entre Jésus et cette femme de Samarie qui vient faire sa corvée d’eau, et elle sera aussi déterminante dans la suite de cette rencontre où la soif du premier fera ressortir la soif du deuxième. Sortie de la bouche de Jésus Christ, perfectus Deus et perfectus homo, cette demande est une Révélation qui nous fait découvrir un aspect singulier du visage de l’homme-Jésus : la précarité de Dieu ! « Donne-moi à boire » est une véritable prière. 

Rappelons-nous, « donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17,2) fut la demande, ou mieux la récrimination du peuple hébreux contre Moïse dans leur traversée du désert. Le destin de ce peuple se noue et s’accomplit pleinement dans le visage de Jésus. Il ne prend pas seulement la tête de ce peuple, il épouse ce peuple et l’incarne dans le mystère de l’Eglise, Nouvel Israël ! L’Eglise est ce réceptacle qui rassemble la plainte de l’humanité défigurée par le péché et la dépose entre les mains du Père miséricordieux. En Jésus, au bord de ce puit, Dieu dit sa soif !

Avec Saint Jean, ce cri de Jésus n’est ni figuratif ni un prétexte pour aborder cette femme. Il est le cri de l’Homme-Dieu. Jésus, visiblement en position de faiblesse, de manque, appelle au secours. Dans cette rencontre, St Jean ne fait pas que briser la glace des préjugés ancestraux entre Juifs et Samaritains – entre Dieu et l’homme, malgré la rupture du péché – mais renverse totalement les rôles et les situations. Cette demande place véritablement Jésus, perfectus Deus et perfectus homo, en situation de défaveur. Et c’est de l’inédit ! Un Dieu mendiant qui appelle l’homme à sa rescousse? St Jean décrit le plus haut degré de l’amour indicible de Dieu qui atteindra son point culminant sur la Croix, lorsqu’il dira : « J’ai soif ! » Jn 19,28.

Du haut de la Croix, ce cri n’est pas un cri de désespoir. Il exprime plutôt le désir profond de Dieu d’avoir soif de l’humanité qui s’égare en éjectant Dieu de son existence. Dans les Evangiles de la Passion, pendant que Saint Jean souligne la soif de Jésus comme désir profond d’amour pour l’humanité, Saint Luc, de son côté, mettra les paroles du pardon dans la bouche de Jésus agonisant sur la Croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). La soif d’eau exprimée à la Samaritaine est, à travers l’événement de la Croix, le sommet de l’amour de Dieu, le lieu où se désaltère l’humanité d’hier et d’aujourd’hui. L’Eglise a reçu mission de dispenser cette eau vive dont la source est dans les sacrements.

Depuis la Genèse, le cri de la soif de Dieu pour l’humanité a commencé par l’acte de la création « faisons l’homme à notre image ». Et cette soif atteint son apogée dans le mystère de la rédemption. Pourrais-je oser affirmer ceci ? Au commencement était la soif de Dieu pour l’humanité, et cette soif était la révélation de son amour prévenant, son désir de sauver l’homme, c’est-à-dire de le sortir de cette situation de précarité et d’esclavage dans laquelle le péché l’a soumis. Jésus endure nos soifs pour que nous n’ayons soif que de Lui, eau vive et source jaillissante…

Lorsque le psalmiste criera « mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3), il ne fera que l’écho de la soif prévenante de Dieu pour Lui. De même que Dieu nous a aimés le premier, de même, le premier a eu soif de nous. La Samaritaine devient ainsi le symbole de la manifestation constante de la soif de Dieu pour nous.

Aux catéchumènes qui cheminent vers le baptême, Jésus adresse le même appel et la même prière : j’ai soif de toi ! L’Eglise invite les futurs baptisés, à travers les trois scrutins successifs, à entrer en dialogue avec Jésus, à se laisser atteindre par son regard d’amour, afin de découvrir l’incommensurable don de Dieu qui les attend dans le bain baptismal. « J’ai soif » est pour eux une vibrante invitation à redécouvrir l’amour de Dieu qui s’ouvre dans son abaissement et qui atteint sa plus haute expression sur la croix. De Sa soif, le chrétien étanche sa soif !

Adressé à la Samaritaine comme aux catéchumènes, « donne-moi à boire » est une prière révélatrice de l’image de la fragilité profonde de Dieu qui dépasse le simple désir de désaltérer sa soif d’eau. A travers la demande de ce voyageur exténué par la fatigue, tenaillé par la faim et la soif, Saint Jean met en lumière l’humanité de Dieu qui  n’exclut pas les contingences et les réalités de toute vie humaine. Derrière notre humanité que Jésus assume et porte, se dessine une attente de Dieu : transformer nos soifs ! Jésus n’a pas que soif d’eau, il se fait mendiant pour sortir la Samaritaine de la dépendance dans laquelle le péché l’a soumise. Pour les catéchumènes, la Samaritaine est le symbole d’un cheminement pascal où s’effectue une transformation en profondeur, un passage radical… Désormais, elle peut tout laisser, sa cruche d’eau qui est son unique richesse. Elle se met en route avec une autre soif, celle de partager avec les autres le don de Dieu dont elle est désormais la messagère. La Samaritaine inaugure le sacerdoce baptismal qui investit, par le fait même, tous les baptisés à la mission évangélisatrice. Le baptisé qui a reçu le Christ ne peut que devenir son apôtre zélé !

Commentant cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine, Le Pape François dira : « Jésus avait besoin de rencontrer la samaritaine pour lui ouvrir son cœur. Il lui demande à boire pour faire ressortir la soif qu’elle avait en elle-même. Cette femme en est touchée et elle pose à Jésus les questions profondes qui nous habitent et que nous ignorons souvent. Nous nous posons nous aussi beaucoup de questions mais nous n’avons pas le courage de les adresser à Jésus ! »

Le temps de Carême est propice à cet entretien seul à seul avec Jésus. C’est le temps pour un voyage à l’intérieur de nous-même, le temps d’un examen de conscience, qui, comme la Samaritaine, nous aidera à exposer nos besoins spirituels les plus authentiques à Jésus et à demander son secours. 

Dans cette optique, la paroisse propose à tous baptisés ou catéchumènes, un temps d’entretien de cœur à cœur avec Jésus, sur un Thème assez évocateur : « Carême, Printemps de la vie spirituelle ». L’année de la diaconie ouverte dans notre paroisse nous donne l’occasion de redécouvrir l’autre face de l’évangélisation qui est « le service de mon prochain », la charité, un pilier du Carême vécu en profondeur. Dieu se laisse toucher dans ses entrailles à « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères » (Mt 25,40)

 Reprenons la prière de la Samaritaine dont la vie a été totalement bouleversée au contact de celle de Jésus : « Jésus, donne-moi de cette eau qui étanchera éternellement ma soif ».

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

Publié le 05 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 8 mars 2026

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« Femme », dit Jésus, « Donne-moi à boire ! »

 

Cette demande de Jésus passe parfois inaperçue dans nos commentaires. Et pourtant elle est la clé de cette rencontre providentielle qui se déroule comme un itinéraire de foi : on y entre par un fait banal, la soif d’eau, et on en sort avec le don de la foi, l’obtention d’une fontaine intarissable. Cette demande ouvre le dialogue entre Jésus et cette femme de Samarie qui vient faire sa corvée d’eau, et elle sera aussi déterminante dans la suite de cette rencontre où la soif du premier fera ressortir la soif du deuxième. Sortie de la bouche de Jésus Christ, perfectus Deus et perfectus homo, cette demande est une Révélation qui nous fait découvrir un aspect singulier du visage de l’homme-Jésus : la précarité de Dieu ! « Donne-moi à boire » est une véritable prière. 

Rappelons-nous, « donne-nous de l’eau à boire » (Ex 17,2) fut la demande, ou mieux la récrimination du peuple hébreux contre Moïse dans leur traversée du désert. Le destin de ce peuple se noue et s’accomplit pleinement dans le visage de Jésus. Il ne prend pas seulement la tête de ce peuple, il épouse ce peuple et l’incarne dans le mystère de l’Eglise, Nouvel Israël ! L’Eglise est ce réceptacle qui rassemble la plainte de l’humanité défigurée par le péché et la dépose entre les mains du Père miséricordieux. En Jésus, au bord de ce puit, Dieu dit sa soif !

Avec Saint Jean, ce cri de Jésus n’est ni figuratif ni un prétexte pour aborder cette femme. Il est le cri de l’Homme-Dieu. Jésus, visiblement en position de faiblesse, de manque, appelle au secours. Dans cette rencontre, St Jean ne fait pas que briser la glace des préjugés ancestraux entre Juifs et Samaritains – entre Dieu et l’homme, malgré la rupture du péché – mais renverse totalement les rôles et les situations. Cette demande place véritablement Jésus, perfectus Deus et perfectus homo, en situation de défaveur. Et c’est de l’inédit ! Un Dieu mendiant qui appelle l’homme à sa rescousse? St Jean décrit le plus haut degré de l’amour indicible de Dieu qui atteindra son point culminant sur la Croix, lorsqu’il dira : « J’ai soif ! » Jn 19,28.

Du haut de la Croix, ce cri n’est pas un cri de désespoir. Il exprime plutôt le désir profond de Dieu d’avoir soif de l’humanité qui s’égare en éjectant Dieu de son existence. Dans les Evangiles de la Passion, pendant que Saint Jean souligne la soif de Jésus comme désir profond d’amour pour l’humanité, Saint Luc, de son côté, mettra les paroles du pardon dans la bouche de Jésus agonisant sur la Croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). La soif d’eau exprimée à la Samaritaine est, à travers l’événement de la Croix, le sommet de l’amour de Dieu, le lieu où se désaltère l’humanité d’hier et d’aujourd’hui. L’Eglise a reçu mission de dispenser cette eau vive dont la source est dans les sacrements.

Depuis la Genèse, le cri de la soif de Dieu pour l’humanité a commencé par l’acte de la création « faisons l’homme à notre image ». Et cette soif atteint son apogée dans le mystère de la rédemption. Pourrais-je oser affirmer ceci ? Au commencement était la soif de Dieu pour l’humanité, et cette soif était la révélation de son amour prévenant, son désir de sauver l’homme, c’est-à-dire de le sortir de cette situation de précarité et d’esclavage dans laquelle le péché l’a soumis. Jésus endure nos soifs pour que nous n’ayons soif que de Lui, eau vive et source jaillissante…

Lorsque le psalmiste criera « mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3), il ne fera que l’écho de la soif prévenante de Dieu pour Lui. De même que Dieu nous a aimés le premier, de même, le premier a eu soif de nous. La Samaritaine devient ainsi le symbole de la manifestation constante de la soif de Dieu pour nous.

Aux catéchumènes qui cheminent vers le baptême, Jésus adresse le même appel et la même prière : j’ai soif de toi ! L’Eglise invite les futurs baptisés, à travers les trois scrutins successifs, à entrer en dialogue avec Jésus, à se laisser atteindre par son regard d’amour, afin de découvrir l’incommensurable don de Dieu qui les attend dans le bain baptismal. « J’ai soif » est pour eux une vibrante invitation à redécouvrir l’amour de Dieu qui s’ouvre dans son abaissement et qui atteint sa plus haute expression sur la croix. De Sa soif, le chrétien étanche sa soif !

Adressé à la Samaritaine comme aux catéchumènes, « donne-moi à boire » est une prière révélatrice de l’image de la fragilité profonde de Dieu qui dépasse le simple désir de désaltérer sa soif d’eau. A travers la demande de ce voyageur exténué par la fatigue, tenaillé par la faim et la soif, Saint Jean met en lumière l’humanité de Dieu qui  n’exclut pas les contingences et les réalités de toute vie humaine. Derrière notre humanité que Jésus assume et porte, se dessine une attente de Dieu : transformer nos soifs ! Jésus n’a pas que soif d’eau, il se fait mendiant pour sortir la Samaritaine de la dépendance dans laquelle le péché l’a soumise. Pour les catéchumènes, la Samaritaine est le symbole d’un cheminement pascal où s’effectue une transformation en profondeur, un passage radical… Désormais, elle peut tout laisser, sa cruche d’eau qui est son unique richesse. Elle se met en route avec une autre soif, celle de partager avec les autres le don de Dieu dont elle est désormais la messagère. La Samaritaine inaugure le sacerdoce baptismal qui investit, par le fait même, tous les baptisés à la mission évangélisatrice. Le baptisé qui a reçu le Christ ne peut que devenir son apôtre zélé !

Commentant cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine, Le Pape François dira : « Jésus avait besoin de rencontrer la samaritaine pour lui ouvrir son cœur. Il lui demande à boire pour faire ressortir la soif qu’elle avait en elle-même. Cette femme en est touchée et elle pose à Jésus les questions profondes qui nous habitent et que nous ignorons souvent. Nous nous posons nous aussi beaucoup de questions mais nous n’avons pas le courage de les adresser à Jésus ! »

Le temps de Carême est propice à cet entretien seul à seul avec Jésus. C’est le temps pour un voyage à l’intérieur de nous-même, le temps d’un examen de conscience, qui, comme la Samaritaine, nous aidera à exposer nos besoins spirituels les plus authentiques à Jésus et à demander son secours. 

Dans cette optique, la paroisse propose à tous baptisés ou catéchumènes, un temps d’entretien de cœur à cœur avec Jésus, sur un Thème assez évocateur : « Carême, Printemps de la vie spirituelle ». L’année de la diaconie ouverte dans notre paroisse nous donne l’occasion de redécouvrir l’autre face de l’évangélisation qui est « le service de mon prochain », la charité, un pilier du Carême vécu en profondeur. Dieu se laisse toucher dans ses entrailles à « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères » (Mt 25,40)

 Reprenons la prière de la Samaritaine dont la vie a été totalement bouleversée au contact de celle de Jésus : « Jésus, donne-moi de cette eau qui étanchera éternellement ma soif ».

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

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Publié le 05 mars 2026