Edito du curé – dimanche 21 juin 2026
Soyez sans crainte…
Assurance ? Prévoyance ? Avertissement ? Recommandation… ? Cette phrase de Jésus adressée à ses disciples insinue ces variantes qui s’expliquent entre elles. Soyez sans crainte… Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a souvent utilisé – avec insistance et dans ses versions nuancées – cette formule, au cours de ses prédications ou prises de parole : dans le long sermon sur la montagne où, après avoir annoncé les béatitudes, Jésus clôture avec des propos rassurants : « ne vous inquiétez de rien » (Mt 6, 25) ; au cœur de la tempête qui menaçait la vie de ses Apôtres, Jésus surgit et dit : « pourquoi avoir peur ? Hommes de peu de foi » (Mt 8, 26) ; face à l’énigme des apparitions du Ressuscité, c’est l’ange de Dieu qui rassure les femmes venues toutes tremblantes au tombeau « soyez sans crainte, il n’est plus ici, il est ressuscité » Mt 28, 5-20 ; (Mc 16, 1-8) … Les nuances lexicales et des différentes traductions n’enlèvent pas la profondeur de ces paroles qui viennent, à la fois, pour secouer la peur, dissiper les doutes et installer la confiance en Jésus, stimuler la foi en berne et relancer la marche !
Dans l’un ou l’autre cas où Jésus utilise cette formule lapidaire, l’intention est toujours de nous sortir d’une situation terrifiante, de nous mettre en route et de rétablir notre connexion avec Lui. Une connexion qui venait d’être sérieusement mise en ballotage ou tout simplement stoppée par un imprévu déstabilisant : épreuves, violences, menaces, trahisons, incompréhensions, situations de fragilité, réalité de la mort, peur d’une responsabilité à assumer, peur du regard des autres, peur des ombres qui traversent notre vie… Mais la véritable peur qui nous hante a sa cause dans l’éloignement ou le rejet de Dieu dans nos vies. Ce n’est pas pour rien que le psalmiste chante : « Le Seigneur est mon rocher, ma forteresse…, mon rocher où je m’abrite » (Ps 18,2). Quand le roc vient à être ébranlé, notre vulnérabilité devient évidente et inévitable. Soyez sans crainte !
Et la vocation à laquelle Dieu nous destine ou nous prédestine fait partie « des imprévus de Dieu ». Ne dit-on pas que Dieu appelle quand il veut, qui il veut et au moment où il veut… ? Son appel est déjà le signe de sa protection et la mission, le gage de sa présence rassurante. Avant de nous confier une mission, Dieu s’assure au préalable de la permanence de sa tour de garde, de son bâton qui « nous guide et nous rassure » (Ps 22,4). De sa propre vocation, St Jean Paul II dira qu’elle est « don et mystère ». « Don », parce qu’elle découle de Dieu et « Mystère » parce qu’elle s’achève en Lui. Rappelons-nous de l’appel vibrant de ce saint Pape, tout juste élu comme successeur de Pierre : « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice… ». Paroles réconfortantes face à l’impérieuse mission que Dieu confie à l’humanité et particulièrement à chaque baptisé !
Et le texte de ce dimanche est la conclusion du chapitre dix de St Mathieu qui s’ouvre par l’appel des Douze et se conclut par l’envoi en mission et les recommandations qui vont avec. En appelant les Apôtres pour annoncer l’évangile, Jésus leur dit de ne pas craindre. Ne craignez pas…, cette recommandation encadre le texte de St Mathieu pour donner aux propos de Jésus une version, à la fois, de conseil et d’assurance, de recommandation et d’avertissement. Ainsi « Ne craignez pas les hommes » ouvre le texte et « Soyez sans crainte » clôture le texte. La mission à laquelle il envoie ces hommes, tous de conditions modestes et d’une fragilité inhérente à la condition humaine, impose des recommandations et des conseils avisés qui sont comme des lignes de crête sur lesquelles marcheront ces envoyés. Si l’homme est l’agent de la mission, le destinataire primordial de la mission évangélisatrice, l’homme est aussi le premier obstacle à craindre et non à éviter. « Ne craignez pas les hommes » n’est donc pas une recommandation catégorique, mais un conseil pédagogique et prudentiel. En cela, Jésus est un excellent pasteur, il conseille de savoir « bien prendre les hommes, mieux être à leur écoute » pour une annonce fructueuse de la Parole.
« Soyez sans crainte » est une injonction biblique qui peut se décliner selon le contexte. St Jean Paul II l’a repris à l’aube de son pontificat pour galvaniser les jeunes à la mission évangélisatrice et recentrer les chrétiens sur leur vocation essentiellement liée à l’annonce de l’évangile et au témoignage. De l’appel à l’envoi en mission, Jésus scrute, depuis les premiers prophètes choisis et envoyés par son Père, l’impact et la noblesse de l’annonce de la Parole de Dieu. Piégé par ses adversaires, Jérémie ne peut compter que sur Dieu qui « scrute les cœurs et les reins » (1ère Lect.)
Derrière les appréhensions d’un défi à relever, la peur nous submerge à la manière d’un agneau face au rugissement d’un lion. Dans la Bible, l’appel reste un enjeu complexe qui relève du « Don » et la mission, du « Mystère » dont on s’estime indigne, parfois pas à la hauteur… Nos limites humaines émergent parfois au point de faire écran à la grâce de Dieu qui nous porte dans l’exercice de notre ministère : « Ah ! Seigneur, je suis jeune et je ne sais pas parler », répondra le Jeune Jérémie à l’appel de Dieu (Jr 1,6). Mais, l’appel de Dieu, nous met à part, nous extirpe prudemment et parfois brutalement de notre jardin et la mission qu’il nous confie transforme totalement notre personne et notre métier en vocation : de pêcheur de poissons à pêcheurs d’hommes (Mc 1, 14-20 ; Mt 4,19).
Le prompt basculement inhérent à la mission engendre la peur et Jésus, dans son humanité, l’a expérimenté. Il sait que l’efficacité de sa mission et les fruits qui en découlent sont l’œuvre de son union avec le Père. Ainsi se consolide la mission de l’Eglise au long des siècles. La pugnacité de cette mission est liée à l’union mystique du Christ et son Église. Unis à l’Eglise, tout baptisé trouve son refuge et sa force dans l’Eglise, Corps du Christ, qui appelle et envoie, par la médiation de l’Evêque.
En nous rappelant cette autre parole consolante du Christ, « courage ! je suis vainqueur du monde »,( Jn 16, 33) méditons le refrain de chant qui nous révèle que la providence de Dieu devance nos pas sur la route de la mission : « Ne crains pas, je suis ton Dieu, C’est moi qui t’ai choisi, appelé par ton nom. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. Ne crains pas car je suis avec toi .»
Publié le 18 juin 2026
Edito du curé – dimanche 21 juin 2026
Soyez sans crainte…
Assurance ? Prévoyance ? Avertissement ? Recommandation… ? Cette phrase de Jésus adressée à ses disciples insinue ces variantes qui s’expliquent entre elles. Soyez sans crainte… Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a souvent utilisé – avec insistance et dans ses versions nuancées – cette formule, au cours de ses prédications ou prises de parole : dans le long sermon sur la montagne où, après avoir annoncé les béatitudes, Jésus clôture avec des propos rassurants : « ne vous inquiétez de rien » (Mt 6, 25) ; au cœur de la tempête qui menaçait la vie de ses Apôtres, Jésus surgit et dit : « pourquoi avoir peur ? Hommes de peu de foi » (Mt 8, 26) ; face à l’énigme des apparitions du Ressuscité, c’est l’ange de Dieu qui rassure les femmes venues toutes tremblantes au tombeau « soyez sans crainte, il n’est plus ici, il est ressuscité » Mt 28, 5-20 ; (Mc 16, 1-8) … Les nuances lexicales et des différentes traductions n’enlèvent pas la profondeur de ces paroles qui viennent, à la fois, pour secouer la peur, dissiper les doutes et installer la confiance en Jésus, stimuler la foi en berne et relancer la marche !
Dans l’un ou l’autre cas où Jésus utilise cette formule lapidaire, l’intention est toujours de nous sortir d’une situation terrifiante, de nous mettre en route et de rétablir notre connexion avec Lui. Une connexion qui venait d’être sérieusement mise en ballotage ou tout simplement stoppée par un imprévu déstabilisant : épreuves, violences, menaces, trahisons, incompréhensions, situations de fragilité, réalité de la mort, peur d’une responsabilité à assumer, peur du regard des autres, peur des ombres qui traversent notre vie… Mais la véritable peur qui nous hante a sa cause dans l’éloignement ou le rejet de Dieu dans nos vies. Ce n’est pas pour rien que le psalmiste chante : « Le Seigneur est mon rocher, ma forteresse…, mon rocher où je m’abrite » (Ps 18,2). Quand le roc vient à être ébranlé, notre vulnérabilité devient évidente et inévitable. Soyez sans crainte !
Et la vocation à laquelle Dieu nous destine ou nous prédestine fait partie « des imprévus de Dieu ». Ne dit-on pas que Dieu appelle quand il veut, qui il veut et au moment où il veut… ? Son appel est déjà le signe de sa protection et la mission, le gage de sa présence rassurante. Avant de nous confier une mission, Dieu s’assure au préalable de la permanence de sa tour de garde, de son bâton qui « nous guide et nous rassure » (Ps 22,4). De sa propre vocation, St Jean Paul II dira qu’elle est « don et mystère ». « Don », parce qu’elle découle de Dieu et « Mystère » parce qu’elle s’achève en Lui. Rappelons-nous de l’appel vibrant de ce saint Pape, tout juste élu comme successeur de Pierre : « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice… ». Paroles réconfortantes face à l’impérieuse mission que Dieu confie à l’humanité et particulièrement à chaque baptisé !
Et le texte de ce dimanche est la conclusion du chapitre dix de St Mathieu qui s’ouvre par l’appel des Douze et se conclut par l’envoi en mission et les recommandations qui vont avec. En appelant les Apôtres pour annoncer l’évangile, Jésus leur dit de ne pas craindre. Ne craignez pas…, cette recommandation encadre le texte de St Mathieu pour donner aux propos de Jésus une version, à la fois, de conseil et d’assurance, de recommandation et d’avertissement. Ainsi « Ne craignez pas les hommes » ouvre le texte et « Soyez sans crainte » clôture le texte. La mission à laquelle il envoie ces hommes, tous de conditions modestes et d’une fragilité inhérente à la condition humaine, impose des recommandations et des conseils avisés qui sont comme des lignes de crête sur lesquelles marcheront ces envoyés. Si l’homme est l’agent de la mission, le destinataire primordial de la mission évangélisatrice, l’homme est aussi le premier obstacle à craindre et non à éviter. « Ne craignez pas les hommes » n’est donc pas une recommandation catégorique, mais un conseil pédagogique et prudentiel. En cela, Jésus est un excellent pasteur, il conseille de savoir « bien prendre les hommes, mieux être à leur écoute » pour une annonce fructueuse de la Parole.
« Soyez sans crainte » est une injonction biblique qui peut se décliner selon le contexte. St Jean Paul II l’a repris à l’aube de son pontificat pour galvaniser les jeunes à la mission évangélisatrice et recentrer les chrétiens sur leur vocation essentiellement liée à l’annonce de l’évangile et au témoignage. De l’appel à l’envoi en mission, Jésus scrute, depuis les premiers prophètes choisis et envoyés par son Père, l’impact et la noblesse de l’annonce de la Parole de Dieu. Piégé par ses adversaires, Jérémie ne peut compter que sur Dieu qui « scrute les cœurs et les reins » (1ère Lect.)
Derrière les appréhensions d’un défi à relever, la peur nous submerge à la manière d’un agneau face au rugissement d’un lion. Dans la Bible, l’appel reste un enjeu complexe qui relève du « Don » et la mission, du « Mystère » dont on s’estime indigne, parfois pas à la hauteur… Nos limites humaines émergent parfois au point de faire écran à la grâce de Dieu qui nous porte dans l’exercice de notre ministère : « Ah ! Seigneur, je suis jeune et je ne sais pas parler », répondra le Jeune Jérémie à l’appel de Dieu (Jr 1,6). Mais, l’appel de Dieu, nous met à part, nous extirpe prudemment et parfois brutalement de notre jardin et la mission qu’il nous confie transforme totalement notre personne et notre métier en vocation : de pêcheur de poissons à pêcheurs d’hommes (Mc 1, 14-20 ; Mt 4,19).
Le prompt basculement inhérent à la mission engendre la peur et Jésus, dans son humanité, l’a expérimenté. Il sait que l’efficacité de sa mission et les fruits qui en découlent sont l’œuvre de son union avec le Père. Ainsi se consolide la mission de l’Eglise au long des siècles. La pugnacité de cette mission est liée à l’union mystique du Christ et son Église. Unis à l’Eglise, tout baptisé trouve son refuge et sa force dans l’Eglise, Corps du Christ, qui appelle et envoie, par la médiation de l’Evêque.
En nous rappelant cette autre parole consolante du Christ, « courage ! je suis vainqueur du monde »,( Jn 16, 33) méditons le refrain de chant qui nous révèle que la providence de Dieu devance nos pas sur la route de la mission : « Ne crains pas, je suis ton Dieu, C’est moi qui t’ai choisi, appelé par ton nom. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. Ne crains pas car je suis avec toi .»
Publié le 18 juin 2026
Edito du curé – dimanche 21 juin 2026
Soyez sans crainte…
Assurance ? Prévoyance ? Avertissement ? Recommandation… ? Cette phrase de Jésus adressée à ses disciples insinue ces variantes qui s’expliquent entre elles. Soyez sans crainte… Tout au long de sa vie terrestre, Jésus a souvent utilisé – avec insistance et dans ses versions nuancées – cette formule, au cours de ses prédications ou prises de parole : dans le long sermon sur la montagne où, après avoir annoncé les béatitudes, Jésus clôture avec des propos rassurants : « ne vous inquiétez de rien » (Mt 6, 25) ; au cœur de la tempête qui menaçait la vie de ses Apôtres, Jésus surgit et dit : « pourquoi avoir peur ? Hommes de peu de foi » (Mt 8, 26) ; face à l’énigme des apparitions du Ressuscité, c’est l’ange de Dieu qui rassure les femmes venues toutes tremblantes au tombeau « soyez sans crainte, il n’est plus ici, il est ressuscité » Mt 28, 5-20 ; (Mc 16, 1-8) … Les nuances lexicales et des différentes traductions n’enlèvent pas la profondeur de ces paroles qui viennent, à la fois, pour secouer la peur, dissiper les doutes et installer la confiance en Jésus, stimuler la foi en berne et relancer la marche !
Dans l’un ou l’autre cas où Jésus utilise cette formule lapidaire, l’intention est toujours de nous sortir d’une situation terrifiante, de nous mettre en route et de rétablir notre connexion avec Lui. Une connexion qui venait d’être sérieusement mise en ballotage ou tout simplement stoppée par un imprévu déstabilisant : épreuves, violences, menaces, trahisons, incompréhensions, situations de fragilité, réalité de la mort, peur d’une responsabilité à assumer, peur du regard des autres, peur des ombres qui traversent notre vie… Mais la véritable peur qui nous hante a sa cause dans l’éloignement ou le rejet de Dieu dans nos vies. Ce n’est pas pour rien que le psalmiste chante : « Le Seigneur est mon rocher, ma forteresse…, mon rocher où je m’abrite » (Ps 18,2). Quand le roc vient à être ébranlé, notre vulnérabilité devient évidente et inévitable. Soyez sans crainte !
Et la vocation à laquelle Dieu nous destine ou nous prédestine fait partie « des imprévus de Dieu ». Ne dit-on pas que Dieu appelle quand il veut, qui il veut et au moment où il veut… ? Son appel est déjà le signe de sa protection et la mission, le gage de sa présence rassurante. Avant de nous confier une mission, Dieu s’assure au préalable de la permanence de sa tour de garde, de son bâton qui « nous guide et nous rassure » (Ps 22,4). De sa propre vocation, St Jean Paul II dira qu’elle est « don et mystère ». « Don », parce qu’elle découle de Dieu et « Mystère » parce qu’elle s’achève en Lui. Rappelons-nous de l’appel vibrant de ce saint Pape, tout juste élu comme successeur de Pierre : « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice… ». Paroles réconfortantes face à l’impérieuse mission que Dieu confie à l’humanité et particulièrement à chaque baptisé !
Et le texte de ce dimanche est la conclusion du chapitre dix de St Mathieu qui s’ouvre par l’appel des Douze et se conclut par l’envoi en mission et les recommandations qui vont avec. En appelant les Apôtres pour annoncer l’évangile, Jésus leur dit de ne pas craindre. Ne craignez pas…, cette recommandation encadre le texte de St Mathieu pour donner aux propos de Jésus une version, à la fois, de conseil et d’assurance, de recommandation et d’avertissement. Ainsi « Ne craignez pas les hommes » ouvre le texte et « Soyez sans crainte » clôture le texte. La mission à laquelle il envoie ces hommes, tous de conditions modestes et d’une fragilité inhérente à la condition humaine, impose des recommandations et des conseils avisés qui sont comme des lignes de crête sur lesquelles marcheront ces envoyés. Si l’homme est l’agent de la mission, le destinataire primordial de la mission évangélisatrice, l’homme est aussi le premier obstacle à craindre et non à éviter. « Ne craignez pas les hommes » n’est donc pas une recommandation catégorique, mais un conseil pédagogique et prudentiel. En cela, Jésus est un excellent pasteur, il conseille de savoir « bien prendre les hommes, mieux être à leur écoute » pour une annonce fructueuse de la Parole.
« Soyez sans crainte » est une injonction biblique qui peut se décliner selon le contexte. St Jean Paul II l’a repris à l’aube de son pontificat pour galvaniser les jeunes à la mission évangélisatrice et recentrer les chrétiens sur leur vocation essentiellement liée à l’annonce de l’évangile et au témoignage. De l’appel à l’envoi en mission, Jésus scrute, depuis les premiers prophètes choisis et envoyés par son Père, l’impact et la noblesse de l’annonce de la Parole de Dieu. Piégé par ses adversaires, Jérémie ne peut compter que sur Dieu qui « scrute les cœurs et les reins » (1ère Lect.)
Derrière les appréhensions d’un défi à relever, la peur nous submerge à la manière d’un agneau face au rugissement d’un lion. Dans la Bible, l’appel reste un enjeu complexe qui relève du « Don » et la mission, du « Mystère » dont on s’estime indigne, parfois pas à la hauteur… Nos limites humaines émergent parfois au point de faire écran à la grâce de Dieu qui nous porte dans l’exercice de notre ministère : « Ah ! Seigneur, je suis jeune et je ne sais pas parler », répondra le Jeune Jérémie à l’appel de Dieu (Jr 1,6). Mais, l’appel de Dieu, nous met à part, nous extirpe prudemment et parfois brutalement de notre jardin et la mission qu’il nous confie transforme totalement notre personne et notre métier en vocation : de pêcheur de poissons à pêcheurs d’hommes (Mc 1, 14-20 ; Mt 4,19).
Le prompt basculement inhérent à la mission engendre la peur et Jésus, dans son humanité, l’a expérimenté. Il sait que l’efficacité de sa mission et les fruits qui en découlent sont l’œuvre de son union avec le Père. Ainsi se consolide la mission de l’Eglise au long des siècles. La pugnacité de cette mission est liée à l’union mystique du Christ et son Église. Unis à l’Eglise, tout baptisé trouve son refuge et sa force dans l’Eglise, Corps du Christ, qui appelle et envoie, par la médiation de l’Evêque.
En nous rappelant cette autre parole consolante du Christ, « courage ! je suis vainqueur du monde »,( Jn 16, 33) méditons le refrain de chant qui nous révèle que la providence de Dieu devance nos pas sur la route de la mission : « Ne crains pas, je suis ton Dieu, C’est moi qui t’ai choisi, appelé par ton nom. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. Ne crains pas car je suis avec toi .»
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Publié le 18 juin 2026