Edito du curĂ© – dimanche 1er fĂ©vrier 2026
« à cause de Moi » (Matthieu 5, 11)
           François Mauriac, qui est sans contestation possible l’un des plus grands Ă©crivains catholiques du XXe siĂšcle, a Ă©crit une « Vie de JĂ©sus » quâil faut lire, si ce nâest pas encore fait, tellement c’est beau, tout rempli de poĂ©sie, de tendresse et d’humanitĂ© : c’est un rĂ©gal et un baume, pour toute Ăąme assoiffĂ©e du Christ.
En mĂ©ditant sur le discours sur la montagne, François Mauriac contemple JĂ©sus assis au plus haut du sommet, entourĂ© de prĂšs par ses apĂŽtres et tous ses proches, parmi lesquels sa MĂšre et les Saintes Femmes. Puis, en descendant plus bas, on retrouve les soixante-dix disciples, que JĂ©sus va bientĂŽt envoyer en mission pour accomplir les mĂȘmes merveilles, les mĂȘmes miracles, puis finalement tous les autres : ceux qui venaient l’Ă©couter de temps en temps, aussi bien que ceux qui Ă©taient venus ce jour-lĂ l’entendre pour la premiĂšre fois, peut-ĂȘtre pressĂ©s par le tĂ©moignage d’un proche ou d’un ami miraculĂ©, ou alors ayant dĂ©jĂ reconnu par eux-mĂȘmes la puissance salvatrice du Christ.
En bas de la montagne, et mĂȘme plus loin, il y avait aussi une foule innombrable, rassemblĂ©e patiemment par les apĂŽtres, eux qui, Ă chaque fois, allaient annoncer de village en village la venue de JĂ©sus. Rappelons-nous, Ă titre de comparaison, les deux fois oĂč les Ăvangiles nous parlent d’une multiplication des pains: une fois, il y avait cinq mille hommes (sans compter les femmes et les enfants) ; une autre fois, quatre mille.
Les paroles de JĂ©sus consolent ses auditeurs, en les assurant qu’aucune de leurs larmes ne sera perdue, qu’aucun Ă©lan authentique de leur cĆur ne sera jamais déçu, car les pauvres de cĆur, les affligĂ©s, les doux, les affamĂ©s de justice, les misĂ©ricordieux, les cĆurs purs, les artisans de paix, les persĂ©cutĂ©s par la justice, ainsi que les tĂ©moins de l’Ăvangile, auront toujours une place particuliĂšre et exclusive dans le cĆur de Dieu.
Tout autour de la montagne, mais loin, trĂšs loin, il y avait tous ceux Ă qui JĂ©sus s’adressait pourtant en premier: tous les malades (les paralysĂ©s, les estropiĂ©s, les aveugles), les vieux, les exclus, les accidentĂ©s de la vie, et mĂȘme, cachĂ©s encore plus loin, les lĂ©preux, Ă qui on interdisait d’approcher de prĂšs les gens bien portants. Pour la plupart d’entre eux, ils avaient bien essayĂ© de s’approcher davantage, mais la force et la dĂ©termination des plus vigoureux avaient eu raison de leur faiblesse physique.
Ils Ă©taient donc tous lĂ , bien loin derriĂšre, les prĂ©fĂ©rĂ©s de JĂ©sus, et ils n’entendaient pas tout ce que disait le Christ. Cependant, dans le flux ininterrompu de ses paroles de grĂące, il y avait comme un refrain, comme une insistance, qui revenait sans cesse Ă leurs oreilles : « Heureux… Bienheureux… » Ces misĂ©reux et blessĂ©s de la vie comprenaient ainsi, bien que de façon trĂšs confuse pour la plupart d’entre eux, que le message du Christ s’adressait bien Ă eux en premiers, et cela leur rĂ©chauffait le cĆur, en leur donnant un nouvel Ă©lan d’espĂ©rance. On peut parier Ă coup sĂ»r que leur vie n’a plus Ă©tĂ© la mĂȘme, depuis, transfigurĂ©e par l’amour du Christ et relancĂ©e pour un nouveau dĂ©marrage, transpercĂ©e par une certitude sans faille : « J’ai du prix aux yeux de Dieu, car il m’aime ».
Nous non plus, pourtant assez souvent, comme les handicapĂ©s de la montagne, nous n’entendons pas tout ce que nous dit JĂ©sus, Ă cause d’une Ă©trange sorte de surditĂ© spirituelle volontairement bien assumĂ©e. Cependant, si aujourd’hui nous avons compris au moins l’essentiel de ce que nous dit JĂ©sus: « Faites tout, subissez tout, offrez tout, Ă cause de Moi« , alors rien n’est encore perdu. Car avec le Christ, le redĂ©marrage est toujours possible : et, en gĂ©nĂ©ral, on va beaucoup plus vite, aprĂšs.
PĂšre Gino
Publié le 29 janvier 2026
Edito du curĂ© – dimanche 1er fĂ©vrier 2026
« à cause de Moi » (Matthieu 5, 11)
           François Mauriac, qui est sans contestation possible l’un des plus grands Ă©crivains catholiques du XXe siĂšcle, a Ă©crit une « Vie de JĂ©sus » quâil faut lire, si ce nâest pas encore fait, tellement c’est beau, tout rempli de poĂ©sie, de tendresse et d’humanitĂ© : c’est un rĂ©gal et un baume, pour toute Ăąme assoiffĂ©e du Christ.
En mĂ©ditant sur le discours sur la montagne, François Mauriac contemple JĂ©sus assis au plus haut du sommet, entourĂ© de prĂšs par ses apĂŽtres et tous ses proches, parmi lesquels sa MĂšre et les Saintes Femmes. Puis, en descendant plus bas, on retrouve les soixante-dix disciples, que JĂ©sus va bientĂŽt envoyer en mission pour accomplir les mĂȘmes merveilles, les mĂȘmes miracles, puis finalement tous les autres : ceux qui venaient l’Ă©couter de temps en temps, aussi bien que ceux qui Ă©taient venus ce jour-lĂ l’entendre pour la premiĂšre fois, peut-ĂȘtre pressĂ©s par le tĂ©moignage d’un proche ou d’un ami miraculĂ©, ou alors ayant dĂ©jĂ reconnu par eux-mĂȘmes la puissance salvatrice du Christ.
En bas de la montagne, et mĂȘme plus loin, il y avait aussi une foule innombrable, rassemblĂ©e patiemment par les apĂŽtres, eux qui, Ă chaque fois, allaient annoncer de village en village la venue de JĂ©sus. Rappelons-nous, Ă titre de comparaison, les deux fois oĂč les Ăvangiles nous parlent d’une multiplication des pains: une fois, il y avait cinq mille hommes (sans compter les femmes et les enfants) ; une autre fois, quatre mille.
Les paroles de JĂ©sus consolent ses auditeurs, en les assurant qu’aucune de leurs larmes ne sera perdue, qu’aucun Ă©lan authentique de leur cĆur ne sera jamais déçu, car les pauvres de cĆur, les affligĂ©s, les doux, les affamĂ©s de justice, les misĂ©ricordieux, les cĆurs purs, les artisans de paix, les persĂ©cutĂ©s par la justice, ainsi que les tĂ©moins de l’Ăvangile, auront toujours une place particuliĂšre et exclusive dans le cĆur de Dieu.
Tout autour de la montagne, mais loin, trĂšs loin, il y avait tous ceux Ă qui JĂ©sus s’adressait pourtant en premier: tous les malades (les paralysĂ©s, les estropiĂ©s, les aveugles), les vieux, les exclus, les accidentĂ©s de la vie, et mĂȘme, cachĂ©s encore plus loin, les lĂ©preux, Ă qui on interdisait d’approcher de prĂšs les gens bien portants. Pour la plupart d’entre eux, ils avaient bien essayĂ© de s’approcher davantage, mais la force et la dĂ©termination des plus vigoureux avaient eu raison de leur faiblesse physique.
Ils Ă©taient donc tous lĂ , bien loin derriĂšre, les prĂ©fĂ©rĂ©s de JĂ©sus, et ils n’entendaient pas tout ce que disait le Christ. Cependant, dans le flux ininterrompu de ses paroles de grĂące, il y avait comme un refrain, comme une insistance, qui revenait sans cesse Ă leurs oreilles : « Heureux… Bienheureux… » Ces misĂ©reux et blessĂ©s de la vie comprenaient ainsi, bien que de façon trĂšs confuse pour la plupart d’entre eux, que le message du Christ s’adressait bien Ă eux en premiers, et cela leur rĂ©chauffait le cĆur, en leur donnant un nouvel Ă©lan d’espĂ©rance. On peut parier Ă coup sĂ»r que leur vie n’a plus Ă©tĂ© la mĂȘme, depuis, transfigurĂ©e par l’amour du Christ et relancĂ©e pour un nouveau dĂ©marrage, transpercĂ©e par une certitude sans faille : « J’ai du prix aux yeux de Dieu, car il m’aime ».
Nous non plus, pourtant assez souvent, comme les handicapĂ©s de la montagne, nous n’entendons pas tout ce que nous dit JĂ©sus, Ă cause d’une Ă©trange sorte de surditĂ© spirituelle volontairement bien assumĂ©e. Cependant, si aujourd’hui nous avons compris au moins l’essentiel de ce que nous dit JĂ©sus: « Faites tout, subissez tout, offrez tout, Ă cause de Moi« , alors rien n’est encore perdu. Car avec le Christ, le redĂ©marrage est toujours possible : et, en gĂ©nĂ©ral, on va beaucoup plus vite, aprĂšs.
PĂšre Gino
Publié le 29 janvier 2026
Edito du curĂ© – dimanche 1er fĂ©vrier 2026
« à cause de Moi » (Matthieu 5, 11)
           François Mauriac, qui est sans contestation possible l’un des plus grands Ă©crivains catholiques du XXe siĂšcle, a Ă©crit une « Vie de JĂ©sus » quâil faut lire, si ce nâest pas encore fait, tellement c’est beau, tout rempli de poĂ©sie, de tendresse et d’humanitĂ© : c’est un rĂ©gal et un baume, pour toute Ăąme assoiffĂ©e du Christ.
En mĂ©ditant sur le discours sur la montagne, François Mauriac contemple JĂ©sus assis au plus haut du sommet, entourĂ© de prĂšs par ses apĂŽtres et tous ses proches, parmi lesquels sa MĂšre et les Saintes Femmes. Puis, en descendant plus bas, on retrouve les soixante-dix disciples, que JĂ©sus va bientĂŽt envoyer en mission pour accomplir les mĂȘmes merveilles, les mĂȘmes miracles, puis finalement tous les autres : ceux qui venaient l’Ă©couter de temps en temps, aussi bien que ceux qui Ă©taient venus ce jour-lĂ l’entendre pour la premiĂšre fois, peut-ĂȘtre pressĂ©s par le tĂ©moignage d’un proche ou d’un ami miraculĂ©, ou alors ayant dĂ©jĂ reconnu par eux-mĂȘmes la puissance salvatrice du Christ.
En bas de la montagne, et mĂȘme plus loin, il y avait aussi une foule innombrable, rassemblĂ©e patiemment par les apĂŽtres, eux qui, Ă chaque fois, allaient annoncer de village en village la venue de JĂ©sus. Rappelons-nous, Ă titre de comparaison, les deux fois oĂč les Ăvangiles nous parlent d’une multiplication des pains: une fois, il y avait cinq mille hommes (sans compter les femmes et les enfants) ; une autre fois, quatre mille.
Les paroles de JĂ©sus consolent ses auditeurs, en les assurant qu’aucune de leurs larmes ne sera perdue, qu’aucun Ă©lan authentique de leur cĆur ne sera jamais déçu, car les pauvres de cĆur, les affligĂ©s, les doux, les affamĂ©s de justice, les misĂ©ricordieux, les cĆurs purs, les artisans de paix, les persĂ©cutĂ©s par la justice, ainsi que les tĂ©moins de l’Ăvangile, auront toujours une place particuliĂšre et exclusive dans le cĆur de Dieu.
Tout autour de la montagne, mais loin, trĂšs loin, il y avait tous ceux Ă qui JĂ©sus s’adressait pourtant en premier: tous les malades (les paralysĂ©s, les estropiĂ©s, les aveugles), les vieux, les exclus, les accidentĂ©s de la vie, et mĂȘme, cachĂ©s encore plus loin, les lĂ©preux, Ă qui on interdisait d’approcher de prĂšs les gens bien portants. Pour la plupart d’entre eux, ils avaient bien essayĂ© de s’approcher davantage, mais la force et la dĂ©termination des plus vigoureux avaient eu raison de leur faiblesse physique.
Ils Ă©taient donc tous lĂ , bien loin derriĂšre, les prĂ©fĂ©rĂ©s de JĂ©sus, et ils n’entendaient pas tout ce que disait le Christ. Cependant, dans le flux ininterrompu de ses paroles de grĂące, il y avait comme un refrain, comme une insistance, qui revenait sans cesse Ă leurs oreilles : « Heureux… Bienheureux… » Ces misĂ©reux et blessĂ©s de la vie comprenaient ainsi, bien que de façon trĂšs confuse pour la plupart d’entre eux, que le message du Christ s’adressait bien Ă eux en premiers, et cela leur rĂ©chauffait le cĆur, en leur donnant un nouvel Ă©lan d’espĂ©rance. On peut parier Ă coup sĂ»r que leur vie n’a plus Ă©tĂ© la mĂȘme, depuis, transfigurĂ©e par l’amour du Christ et relancĂ©e pour un nouveau dĂ©marrage, transpercĂ©e par une certitude sans faille : « J’ai du prix aux yeux de Dieu, car il m’aime ».
Nous non plus, pourtant assez souvent, comme les handicapĂ©s de la montagne, nous n’entendons pas tout ce que nous dit JĂ©sus, Ă cause d’une Ă©trange sorte de surditĂ© spirituelle volontairement bien assumĂ©e. Cependant, si aujourd’hui nous avons compris au moins l’essentiel de ce que nous dit JĂ©sus: « Faites tout, subissez tout, offrez tout, Ă cause de Moi« , alors rien n’est encore perdu. Car avec le Christ, le redĂ©marrage est toujours possible : et, en gĂ©nĂ©ral, on va beaucoup plus vite, aprĂšs.
PĂšre Gino
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Publié le 29 janvier 2026