Edito du curé – dimanche 8 février 2026
« La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre »
(extraits de la Lettre du pape Léon XIV pour la Journée mondiale des malades)
L’image du bon Samaritain est toujours actuelle et nécessaire, pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades. Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de l’Évangile (Luc 10, 25-37) : un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer. Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui.
Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, il lui a donné son temps. Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches : le Seigneur n’a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n’est le prochain d’un autre tant qu’il ne s’en approche pas volontairement. C’est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain.
L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. La participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour.
Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approche, soigne, prend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Ainsi, à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste, les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale.
Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » (Luc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu. Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique.
Le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu. Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.
Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale des malades.
Léon XIV
Publié le 05 février 2026
Edito du curé – dimanche 8 février 2026
« La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre »
(extraits de la Lettre du pape Léon XIV pour la Journée mondiale des malades)
L’image du bon Samaritain est toujours actuelle et nécessaire, pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades. Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de l’Évangile (Luc 10, 25-37) : un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer. Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui.
Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, il lui a donné son temps. Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches : le Seigneur n’a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n’est le prochain d’un autre tant qu’il ne s’en approche pas volontairement. C’est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain.
L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. La participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour.
Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approche, soigne, prend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Ainsi, à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste, les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale.
Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » (Luc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu. Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique.
Le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu. Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.
Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale des malades.
Léon XIV
Publié le 05 février 2026
Edito du curé – dimanche 8 février 2026
« La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre »
(extraits de la Lettre du pape Léon XIV pour la Journée mondiale des malades)
L’image du bon Samaritain est toujours actuelle et nécessaire, pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades. Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de l’Évangile (Luc 10, 25-37) : un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer. Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui.
Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, il lui a donné son temps. Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches : le Seigneur n’a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n’est le prochain d’un autre tant qu’il ne s’en approche pas volontairement. C’est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain.
L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. La participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour.
Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approche, soigne, prend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Ainsi, à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste, les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale.
Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » (Luc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu. Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique.
Le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu. Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.
Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale des malades.
Léon XIV
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Publié le 05 février 2026