Edito du curé – dimanche 5 avril 2026
Alléluia, Alléluia, Alléluia…
Voilà un mot atypique que la liturgie juive et chrétienne utilise abondamment : Alléluia ! C’est un tout petit mot, mais d’une grande importance pour célébrer la gloire du Dieu créateur de l’univers, acclamer sa majesté et proclamer sa victoire sur la mort en ressuscitant son Fils. Suspendu pendant tout le temps du Carême, ce mot réintègre la liturgie, la Nuit du Samedi Saint, avec « l’Alléluia pascal » qui se chante sous les tintements des cloches. « Alléluia », un des cinq mots hébreux/araméens qui n’ont pas été traduits puisqu’ils appartenaient à la liturgie des premiers chrétiens. Les autres mots sont : abba, amen, hosanna et maranatha. La liturgie de l’Eglise catholique a repris ces mots in extenso pour en conserver le sens profond. Comme « Alléluia », ils sont un héritage de l’expression de la foi juive et de la solennité de la liturgie.
Pour « Alléluia », son étymologie (hallelou-Yah) est une apocope du verbe hâlal (hallelo : louer) et du tétragramme YHWH (Yah abréviation de Yahvé), nom propre de Dieu dans le judaïsme. Donc, hallelou-Yah se traduit habituellement par « louer le Seigneur », mais aussi par « adorer le Seigneur », « célébrer le Seigneur » ou « confesser le Seigneur ». Dans le contexte pascal, Alléluia souligne la gloire du Christ ressuscité, « l’œuvre plus merveilleuse que l’acte de la création au commencement du monde » (prière de conclusion de la Ière lecture, Vigile pascale).
Dans la Bible, le livre des Psaumes regorge de ces cris d’allégresse et de joie pour Dieu. Entre louange et action de grâces, le psautier est une réponse de l’homme aux bienfaits de Dieu. A l’égard de l’homme, Dieu « Yahvé » est digne d’être loué, célébré, béni…
Dans certains psaumes, « alléluia » se retrouve en début de texte, comme introduction, et d’autres fois, il se trouve à la fin pour conclure le psaume et faire jaillir une note de jubilation de prière du peuple de l’Alliance. De manière générale, « alléluia » est un terme propre à l’Ancien Testament. Il n’apparaît dans le Nouveau Testament que dans le livre de l’Apocalypse où les élus célèbrent Dieu, et la venue de son règne : « Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! » (Ap 19,1,3)
Emprunté à la prière synagogale, « alléluia » est abondamment repris dans la liturgie de l’Eglise. C’est un chant d’acclamation qui précède la lecture de l’Evangile, surtout en dehors du temps de Carême. Pendant la messe, la joie de « l’alléluia » exprime bien celle de la Bonne Nouvelle résumée dans la résurrection de notre Seigneur, Jésus Christ : « Alléluia, Alléluia, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »
L’acclamation, « alléluia », qui précède la lecture de l’Evangile décrit l’attitude jubilatoire de l’assemblée liturgique. Pour le peuple des baptisés, la Bonne Nouvelle qui est proclamée pendant la célébration eucharistique n’est pas un simple écrit historique de la vie de Jésus, de ce qu’il a fait ou dit; mais Bonne Nouvelle qui est essentiellement annonce de la Victoire du Christ : la victoire de la vie sur la mort, du bien sur le mal. L’acclamation de l’Alléluia célèbre l’annonce du salut de l’humanité opéré en Jésus Christ par sa mort et sa résurrection. Et cette résurrection du Christ suppose la nôtre ! Désormais, la mort apportée par la désobéissance d’Adam est engloutie dans l’obéissance de Jésus. Tout le mystère de Pâques se décline sur cette note de joie de ce salut promis par Dieu et réalisé dans la résurrection de son Fils, Jésus !
La liturgie pascale met un accent particulier à célébrer ce mystère qui inaugure une alliance nouvelle et définitive entre l’homme et Dieu. C’est l’objet du chant de l’exultet qui introduit la Vigile Pascale et qui se prolonge dans chaque célébration eucharistique par cette intonation de louange, Alléluia ! Si l’exultet est l’annonce solennelle de Pâques, le chant de l’Alléluia, est la louange, l’émerveillement et l’admiration de l’assemblée liturgique pour l’amour inouï de Dieu. L’hymne de l’exultet met en lumière cette Joie de la nuit de Pâques en ces termes : « Amour infini de notre Père, suprême témoignage de tendresse, pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils ». Et chaque eucharistie est la célébration de cette victoire acquise, de « cet amour infini » rendu visible dans l’évènement pascal. Ici, le chant de l’Alléluia devient l’expression naturelle de notre reconnaissance du salut acquis par le sang de Jésus. Et son sang, comme le dit la lettre aux Hébreux, crie plus fort que celui d’Abel (He 12,24), parce qu’il est annonce effective de la Victoire.
Un des termes les plus riches du vocabulaire liturgique de la louange, « Alléluia », a inspiré aussi des grands compositeurs tel Leonard Cohen. Alors que cet artiste prolifique traversait une crise majeure, et peinait à renouer avec son inspiration habituelle, son illumination viendra du mot « Alléluia ». Son Hallelujah est un titre mythique repris par beaucoup d’artistes et chanté par différentes chorales. Peut-on parler de « prière profane »? Pas seulement ! Leonard a « loué le Seigneur » sans le savoir, comme de nombreux autres titres qui distillent l’allégresse due au créateur, là où on les attend le moins. L’action de grâce diffusée par le mot, « Alléluia », dépasse le cadre d’une assemblée liturgique pour devenir le cantique de l’humanité à l’égard de Dieu qui a enfermé définitivement la mort dans sa nuit en ressuscitant son Fils.
Au cœur de cette Pâques 2026, pourrais-je m’exclamer, « I have a dream » comme l’illustre pasteur, Martin Luther King, devant les atrocités de la ségrégation raciale dans son pays ? Oui, je rêve que ce chant d’émerveillement de l’amour infini de Dieu retentisse avec une sonorité inégalable aux oreilles des belligérants qui sèment le désarroi et la mort de milliers de personnes à travers le monde. Les poches de la violence, de la logique de la raison du plus fort gagnent les nations dites civilisées. Alors qu’on croyait se soustraire de l’emprise mortifère de l’épidémie de la Covid-19, nous voilà replongés dans une autre pandémie plus virulente encore, celle de l’hégémonie des grandes puissances et de l’idéologie totalitaire radicale. S’adressant aux jeunes de Monaco, le Pape Léon XIV dit : « La Paix, » et en suite, il ajoute : « Nous sommes la Paix ». Phrase anodine pour les commentateurs, et pourtant une invitation collective et décisive pour chacun dans son milieu et son statut, à être artisan de paix dans notre monde défiguré par la guerre. La dynamique de Pâques que les chrétiens catholiques célèbrent chaque année invite à la transformation, à un changement radical, au passage, à la traversée, à la conversion des cœurs … Prions : Seigneur « Que brille devant Toi cette lumière, demain se lève l’aube nouvelle d’un monde rajeuni dans la Pâques de ton Fils » (Exultet version 3)
Alléluia n’est pas seulement l’hymne à la bienveillance de Dieu, il est le chant par excellence de notre participation à la vie même du Ressuscité : Alléluia est un chant pascal, de notre Pâques, le Christ !
Bonne fête de Pâques à tous!
Père Dieudonné MASSOMA
Publié le 02 avril 2026
Edito du curé – dimanche 5 avril 2026
Alléluia, Alléluia, Alléluia…
Voilà un mot atypique que la liturgie juive et chrétienne utilise abondamment : Alléluia ! C’est un tout petit mot, mais d’une grande importance pour célébrer la gloire du Dieu créateur de l’univers, acclamer sa majesté et proclamer sa victoire sur la mort en ressuscitant son Fils. Suspendu pendant tout le temps du Carême, ce mot réintègre la liturgie, la Nuit du Samedi Saint, avec « l’Alléluia pascal » qui se chante sous les tintements des cloches. « Alléluia », un des cinq mots hébreux/araméens qui n’ont pas été traduits puisqu’ils appartenaient à la liturgie des premiers chrétiens. Les autres mots sont : abba, amen, hosanna et maranatha. La liturgie de l’Eglise catholique a repris ces mots in extenso pour en conserver le sens profond. Comme « Alléluia », ils sont un héritage de l’expression de la foi juive et de la solennité de la liturgie.
Pour « Alléluia », son étymologie (hallelou-Yah) est une apocope du verbe hâlal (hallelo : louer) et du tétragramme YHWH (Yah abréviation de Yahvé), nom propre de Dieu dans le judaïsme. Donc, hallelou-Yah se traduit habituellement par « louer le Seigneur », mais aussi par « adorer le Seigneur », « célébrer le Seigneur » ou « confesser le Seigneur ». Dans le contexte pascal, Alléluia souligne la gloire du Christ ressuscité, « l’œuvre plus merveilleuse que l’acte de la création au commencement du monde » (prière de conclusion de la Ière lecture, Vigile pascale).
Dans la Bible, le livre des Psaumes regorge de ces cris d’allégresse et de joie pour Dieu. Entre louange et action de grâces, le psautier est une réponse de l’homme aux bienfaits de Dieu. A l’égard de l’homme, Dieu « Yahvé » est digne d’être loué, célébré, béni…
Dans certains psaumes, « alléluia » se retrouve en début de texte, comme introduction, et d’autres fois, il se trouve à la fin pour conclure le psaume et faire jaillir une note de jubilation de prière du peuple de l’Alliance. De manière générale, « alléluia » est un terme propre à l’Ancien Testament. Il n’apparaît dans le Nouveau Testament que dans le livre de l’Apocalypse où les élus célèbrent Dieu, et la venue de son règne : « Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! » (Ap 19,1,3)
Emprunté à la prière synagogale, « alléluia » est abondamment repris dans la liturgie de l’Eglise. C’est un chant d’acclamation qui précède la lecture de l’Evangile, surtout en dehors du temps de Carême. Pendant la messe, la joie de « l’alléluia » exprime bien celle de la Bonne Nouvelle résumée dans la résurrection de notre Seigneur, Jésus Christ : « Alléluia, Alléluia, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »
L’acclamation, « alléluia », qui précède la lecture de l’Evangile décrit l’attitude jubilatoire de l’assemblée liturgique. Pour le peuple des baptisés, la Bonne Nouvelle qui est proclamée pendant la célébration eucharistique n’est pas un simple écrit historique de la vie de Jésus, de ce qu’il a fait ou dit; mais Bonne Nouvelle qui est essentiellement annonce de la Victoire du Christ : la victoire de la vie sur la mort, du bien sur le mal. L’acclamation de l’Alléluia célèbre l’annonce du salut de l’humanité opéré en Jésus Christ par sa mort et sa résurrection. Et cette résurrection du Christ suppose la nôtre ! Désormais, la mort apportée par la désobéissance d’Adam est engloutie dans l’obéissance de Jésus. Tout le mystère de Pâques se décline sur cette note de joie de ce salut promis par Dieu et réalisé dans la résurrection de son Fils, Jésus !
La liturgie pascale met un accent particulier à célébrer ce mystère qui inaugure une alliance nouvelle et définitive entre l’homme et Dieu. C’est l’objet du chant de l’exultet qui introduit la Vigile Pascale et qui se prolonge dans chaque célébration eucharistique par cette intonation de louange, Alléluia ! Si l’exultet est l’annonce solennelle de Pâques, le chant de l’Alléluia, est la louange, l’émerveillement et l’admiration de l’assemblée liturgique pour l’amour inouï de Dieu. L’hymne de l’exultet met en lumière cette Joie de la nuit de Pâques en ces termes : « Amour infini de notre Père, suprême témoignage de tendresse, pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils ». Et chaque eucharistie est la célébration de cette victoire acquise, de « cet amour infini » rendu visible dans l’évènement pascal. Ici, le chant de l’Alléluia devient l’expression naturelle de notre reconnaissance du salut acquis par le sang de Jésus. Et son sang, comme le dit la lettre aux Hébreux, crie plus fort que celui d’Abel (He 12,24), parce qu’il est annonce effective de la Victoire.
Un des termes les plus riches du vocabulaire liturgique de la louange, « Alléluia », a inspiré aussi des grands compositeurs tel Leonard Cohen. Alors que cet artiste prolifique traversait une crise majeure, et peinait à renouer avec son inspiration habituelle, son illumination viendra du mot « Alléluia ». Son Hallelujah est un titre mythique repris par beaucoup d’artistes et chanté par différentes chorales. Peut-on parler de « prière profane »? Pas seulement ! Leonard a « loué le Seigneur » sans le savoir, comme de nombreux autres titres qui distillent l’allégresse due au créateur, là où on les attend le moins. L’action de grâce diffusée par le mot, « Alléluia », dépasse le cadre d’une assemblée liturgique pour devenir le cantique de l’humanité à l’égard de Dieu qui a enfermé définitivement la mort dans sa nuit en ressuscitant son Fils.
Au cœur de cette Pâques 2026, pourrais-je m’exclamer, « I have a dream » comme l’illustre pasteur, Martin Luther King, devant les atrocités de la ségrégation raciale dans son pays ? Oui, je rêve que ce chant d’émerveillement de l’amour infini de Dieu retentisse avec une sonorité inégalable aux oreilles des belligérants qui sèment le désarroi et la mort de milliers de personnes à travers le monde. Les poches de la violence, de la logique de la raison du plus fort gagnent les nations dites civilisées. Alors qu’on croyait se soustraire de l’emprise mortifère de l’épidémie de la Covid-19, nous voilà replongés dans une autre pandémie plus virulente encore, celle de l’hégémonie des grandes puissances et de l’idéologie totalitaire radicale. S’adressant aux jeunes de Monaco, le Pape Léon XIV dit : « La Paix, » et en suite, il ajoute : « Nous sommes la Paix ». Phrase anodine pour les commentateurs, et pourtant une invitation collective et décisive pour chacun dans son milieu et son statut, à être artisan de paix dans notre monde défiguré par la guerre. La dynamique de Pâques que les chrétiens catholiques célèbrent chaque année invite à la transformation, à un changement radical, au passage, à la traversée, à la conversion des cœurs … Prions : Seigneur « Que brille devant Toi cette lumière, demain se lève l’aube nouvelle d’un monde rajeuni dans la Pâques de ton Fils » (Exultet version 3)
Alléluia n’est pas seulement l’hymne à la bienveillance de Dieu, il est le chant par excellence de notre participation à la vie même du Ressuscité : Alléluia est un chant pascal, de notre Pâques, le Christ !
Bonne fête de Pâques à tous!
Père Dieudonné MASSOMA
Publié le 02 avril 2026
Edito du curé – dimanche 5 avril 2026
Alléluia, Alléluia, Alléluia…
Voilà un mot atypique que la liturgie juive et chrétienne utilise abondamment : Alléluia ! C’est un tout petit mot, mais d’une grande importance pour célébrer la gloire du Dieu créateur de l’univers, acclamer sa majesté et proclamer sa victoire sur la mort en ressuscitant son Fils. Suspendu pendant tout le temps du Carême, ce mot réintègre la liturgie, la Nuit du Samedi Saint, avec « l’Alléluia pascal » qui se chante sous les tintements des cloches. « Alléluia », un des cinq mots hébreux/araméens qui n’ont pas été traduits puisqu’ils appartenaient à la liturgie des premiers chrétiens. Les autres mots sont : abba, amen, hosanna et maranatha. La liturgie de l’Eglise catholique a repris ces mots in extenso pour en conserver le sens profond. Comme « Alléluia », ils sont un héritage de l’expression de la foi juive et de la solennité de la liturgie.
Pour « Alléluia », son étymologie (hallelou-Yah) est une apocope du verbe hâlal (hallelo : louer) et du tétragramme YHWH (Yah abréviation de Yahvé), nom propre de Dieu dans le judaïsme. Donc, hallelou-Yah se traduit habituellement par « louer le Seigneur », mais aussi par « adorer le Seigneur », « célébrer le Seigneur » ou « confesser le Seigneur ». Dans le contexte pascal, Alléluia souligne la gloire du Christ ressuscité, « l’œuvre plus merveilleuse que l’acte de la création au commencement du monde » (prière de conclusion de la Ière lecture, Vigile pascale).
Dans la Bible, le livre des Psaumes regorge de ces cris d’allégresse et de joie pour Dieu. Entre louange et action de grâces, le psautier est une réponse de l’homme aux bienfaits de Dieu. A l’égard de l’homme, Dieu « Yahvé » est digne d’être loué, célébré, béni…
Dans certains psaumes, « alléluia » se retrouve en début de texte, comme introduction, et d’autres fois, il se trouve à la fin pour conclure le psaume et faire jaillir une note de jubilation de prière du peuple de l’Alliance. De manière générale, « alléluia » est un terme propre à l’Ancien Testament. Il n’apparaît dans le Nouveau Testament que dans le livre de l’Apocalypse où les élus célèbrent Dieu, et la venue de son règne : « Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! » (Ap 19,1,3)
Emprunté à la prière synagogale, « alléluia » est abondamment repris dans la liturgie de l’Eglise. C’est un chant d’acclamation qui précède la lecture de l’Evangile, surtout en dehors du temps de Carême. Pendant la messe, la joie de « l’alléluia » exprime bien celle de la Bonne Nouvelle résumée dans la résurrection de notre Seigneur, Jésus Christ : « Alléluia, Alléluia, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »
L’acclamation, « alléluia », qui précède la lecture de l’Evangile décrit l’attitude jubilatoire de l’assemblée liturgique. Pour le peuple des baptisés, la Bonne Nouvelle qui est proclamée pendant la célébration eucharistique n’est pas un simple écrit historique de la vie de Jésus, de ce qu’il a fait ou dit; mais Bonne Nouvelle qui est essentiellement annonce de la Victoire du Christ : la victoire de la vie sur la mort, du bien sur le mal. L’acclamation de l’Alléluia célèbre l’annonce du salut de l’humanité opéré en Jésus Christ par sa mort et sa résurrection. Et cette résurrection du Christ suppose la nôtre ! Désormais, la mort apportée par la désobéissance d’Adam est engloutie dans l’obéissance de Jésus. Tout le mystère de Pâques se décline sur cette note de joie de ce salut promis par Dieu et réalisé dans la résurrection de son Fils, Jésus !
La liturgie pascale met un accent particulier à célébrer ce mystère qui inaugure une alliance nouvelle et définitive entre l’homme et Dieu. C’est l’objet du chant de l’exultet qui introduit la Vigile Pascale et qui se prolonge dans chaque célébration eucharistique par cette intonation de louange, Alléluia ! Si l’exultet est l’annonce solennelle de Pâques, le chant de l’Alléluia, est la louange, l’émerveillement et l’admiration de l’assemblée liturgique pour l’amour inouï de Dieu. L’hymne de l’exultet met en lumière cette Joie de la nuit de Pâques en ces termes : « Amour infini de notre Père, suprême témoignage de tendresse, pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils ». Et chaque eucharistie est la célébration de cette victoire acquise, de « cet amour infini » rendu visible dans l’évènement pascal. Ici, le chant de l’Alléluia devient l’expression naturelle de notre reconnaissance du salut acquis par le sang de Jésus. Et son sang, comme le dit la lettre aux Hébreux, crie plus fort que celui d’Abel (He 12,24), parce qu’il est annonce effective de la Victoire.
Un des termes les plus riches du vocabulaire liturgique de la louange, « Alléluia », a inspiré aussi des grands compositeurs tel Leonard Cohen. Alors que cet artiste prolifique traversait une crise majeure, et peinait à renouer avec son inspiration habituelle, son illumination viendra du mot « Alléluia ». Son Hallelujah est un titre mythique repris par beaucoup d’artistes et chanté par différentes chorales. Peut-on parler de « prière profane »? Pas seulement ! Leonard a « loué le Seigneur » sans le savoir, comme de nombreux autres titres qui distillent l’allégresse due au créateur, là où on les attend le moins. L’action de grâce diffusée par le mot, « Alléluia », dépasse le cadre d’une assemblée liturgique pour devenir le cantique de l’humanité à l’égard de Dieu qui a enfermé définitivement la mort dans sa nuit en ressuscitant son Fils.
Au cœur de cette Pâques 2026, pourrais-je m’exclamer, « I have a dream » comme l’illustre pasteur, Martin Luther King, devant les atrocités de la ségrégation raciale dans son pays ? Oui, je rêve que ce chant d’émerveillement de l’amour infini de Dieu retentisse avec une sonorité inégalable aux oreilles des belligérants qui sèment le désarroi et la mort de milliers de personnes à travers le monde. Les poches de la violence, de la logique de la raison du plus fort gagnent les nations dites civilisées. Alors qu’on croyait se soustraire de l’emprise mortifère de l’épidémie de la Covid-19, nous voilà replongés dans une autre pandémie plus virulente encore, celle de l’hégémonie des grandes puissances et de l’idéologie totalitaire radicale. S’adressant aux jeunes de Monaco, le Pape Léon XIV dit : « La Paix, » et en suite, il ajoute : « Nous sommes la Paix ». Phrase anodine pour les commentateurs, et pourtant une invitation collective et décisive pour chacun dans son milieu et son statut, à être artisan de paix dans notre monde défiguré par la guerre. La dynamique de Pâques que les chrétiens catholiques célèbrent chaque année invite à la transformation, à un changement radical, au passage, à la traversée, à la conversion des cœurs … Prions : Seigneur « Que brille devant Toi cette lumière, demain se lève l’aube nouvelle d’un monde rajeuni dans la Pâques de ton Fils » (Exultet version 3)
Alléluia n’est pas seulement l’hymne à la bienveillance de Dieu, il est le chant par excellence de notre participation à la vie même du Ressuscité : Alléluia est un chant pascal, de notre Pâques, le Christ !
Bonne fête de Pâques à tous!
Père Dieudonné MASSOMA
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Publié le 02 avril 2026