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Edito du curé – dimanche 29 mars 2026

lelien

« Qu’il entre le Roi de gloire… » 

Voici que s’ouvre la Semaine Sainte, une étape décisive de la vie du Christ et de la nôtre. Ce dimanche est liturgiquement appelé « Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur » (cf. Nouvelle Traduction du Missel Romain). Alors que les Rameaux symbolisent la joie, l’allégresse et le triomphe, la Passion renvoie à l’échec, la souffrance, l’angoisse et même la mort. Mises côte à côte ce dimanche, ces deux réalités apparemment contradictoires – Rameau et Passion – représentent les grandes étapes de la vie, de toute vie : elles ne suivent pas toujours un chemin linéaire, mais le plus souvent empruntent une route en dents de scie : descendre pour remonter, mourir pour ressusciter. Epousant totalement notre humanité, la vie du Christ assume cette dualité ambiguë de notre existence en lui conférant un visage qui transforme nos échecs en succès, nos souffrances en espérance, nos croix en victoire : « Qu’il entre, le Roi de gloire » (Ps 23, 7b) ! Ainsi clamait déjà le peuple hébraïque en procession vers le temple de Jérusalem. La méditation de ce Psaume, nous introduit à la célébration fervente de la Semaine Sainte. 

Après avoir professé le Seigneur (Dieu) comme créateur du ciel et de la terre, le reste du psaume 23 serait un véritable chant de triomphe à deux chœurs : un chœur à l’extérieur, sur les parvis du temple, qui annonce avec force et conviction l’entrée du Roi dans son temple : « portes, levez vos frontons…, qu’il entre le Roi de gloire » (Ps 23, 7). Un autre chœur à l’intérieur du temple, enfermé dans les ténèbres, interroge avec insistance l’identité de Celui qui veut entrer : « qui est ce Roi de gloire…, qui donc est ce Roi de gloire ? » (Ps 23, 7b.10). Peut-on ignorer cette sorte d’ambivalence singulière entre les deux chœurs ? Ils mettent admirablement en lumière la seigneurie de ce Roi qui pointe son nez dans le temple. On remarquera avec justesse une astuce poétique qui souligne une apparente méfiance d’un côté et une confiance certaine de l’autre. 

Ainsi apparaissent les deux faces dialectiques du psaume qui font ressortir l’ambiance victorieuse de ce Roi, son éclat glorieux qui suppose d’abord sa sortie des entrailles de l’adversité, du mal: ce Roi rentre triomphalement dans sa ville parce qu’il a précédemment vaincu l’ennemi. Ne dit-on pas, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » (Pierre Corneille, Le Cid) ? Rien n’est si pernicieux qu’une tentation qui vient ternir notre audace, notre victoire par le rejet du sacrifice, du péril, de la croix… Pourtant l’épreuve offre une prise de conscience, parfois douloureuse, de nos fragilités, de nos limites et de nos faiblesses. Mais l’épreuve sait aussi et surtout ennoblir nos victoires et anoblir ceux qui ont acquis de tels victoires au prix du sacrifice !

Dans la vie du Christ, la croix est un échec apparent, absolument incontournable, qui transforme nos échecs, nos épreuves, nos difficultés en une victoire ennoblissante. Dans sa faiblesse, l’Apôtre Paul professe la grâce du Christ à l’œuvre dans sa vie et son ministère : « ma grâce te suffit…, elle donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Cor 12,9). Par sa croix, le Christ a porté nos faiblesses, il a vaincu notre ennemi, le mal et le péché. Pour le chrétien, la croix du Christ est l’arme fatale contre le mal et le Diable, son auteur. De nos jours, nos sociétés aseptisées où « le risque zéro » est un slogan de conviction, le moindre inconfort déstabilise : on cherche le coupable, on s’agite à expliquer l’inexplicable… La peur du danger est plus dangereuse que le danger lui-même. Dans un tel contexte, comment parler de la souffrance et de la croix sans diluer cette entité qui côtoie nos vies et que le Christ porte désormais avec nous ? La loi sur « l’aide à mourir » votées par nos représentants est l’expression la plus haute de la corruption de notre conscience humaine, de notre « science » qui viole la dignité de l’homme quelles que soit ses fragilités.

Si le psaume 23 chante la magnanimité de ce Roi qui entre dans sa ville, Jérusalem, Cité du Grand Roi, c’est en souvenir du risque assumé à travers ses combats féroces contre les envahisseurs. Dans la Nouvelle Alliance, le Christ est ce Roi qui entre dans notre monde où règne la mort. D’ailleurs, l’expression « Roi de gloire », « l’oint de Dieu », ou « Messie » sont autant de titres de l’Ancienne Alliance qui annoncent Jésus, le Christ, médiateur de la Nouvelle Alliance par son sang versé sur la croix. Cette croix est devenue pour tout homme et particulièrement pour les chrétiens le signe de la Victoire. Faudrait-il le redire ? Le triomphe du chrétien, c’est la Croix du Christ !

La Semaine Sainte qui s’ouvre avec le « dimanche des Rameaux et de la Passion » nous introduit dans ce mystère qui embrasse toute la vie chrétienne et l’embrase ! Pierre, au cours de la Passion, va se heurter à l’énigme de la souffrance affligée à son Maitre. Il abandonnera sa profession de foi au Christ comme Messie, dite quelques jours plutôt, pour arborer le costume du reniement : « je ne connais pas cet homme » (Mt 26,72). L’épreuve de la Croix demeure une énigme dont le déchiffrement est progressif, dialectique et dynamique. La pédagogie de la Sainte Cène où le Jésus offre à ses Apôtres le pain et le vin qui deviendront « son Corps et son Sang » n’a pu réveiller leur conscience au soir de la Passion. Tous ont fui et l’ont abandonné ! De « hosanna au Fils de David » à « crucifie-le », des Rameaux à la Passion, de la croix à la victoire, ainsi se dessine l’itinéraire ambivalent de la vie de ceux qui croient au Christ. Plus qu’un instrument de châtiment, la croix est un ferment de fécondité. La Croix du Christ est féconde, parce que source de grâce qui éclaire nos hésitations, illumine notre vie qui s’enferme dans la peur au lieu de s’ouvrir au Christ vainqueur : « courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 26-33)

Avec le Christ, les portes de la mort sont définitivement scellées. Pendant la Vigile pascale, nous passerons à nouveau les portes de notre église, en procession avec les catéchumènes, derrière le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité.  

Accorde-nous Seigneur de retenir les enseignements de la Passion de ton Fils, afin d’avoir part à sa résurrection glorieuse.

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

 

 

Publié le 26 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 29 mars 2026

« Qu’il entre le Roi de gloire… » 

Voici que s’ouvre la Semaine Sainte, une étape décisive de la vie du Christ et de la nôtre. Ce dimanche est liturgiquement appelé « Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur » (cf. Nouvelle Traduction du Missel Romain). Alors que les Rameaux symbolisent la joie, l’allégresse et le triomphe, la Passion renvoie à l’échec, la souffrance, l’angoisse et même la mort. Mises côte à côte ce dimanche, ces deux réalités apparemment contradictoires – Rameau et Passion – représentent les grandes étapes de la vie, de toute vie : elles ne suivent pas toujours un chemin linéaire, mais le plus souvent empruntent une route en dents de scie : descendre pour remonter, mourir pour ressusciter. Epousant totalement notre humanité, la vie du Christ assume cette dualité ambiguë de notre existence en lui conférant un visage qui transforme nos échecs en succès, nos souffrances en espérance, nos croix en victoire : « Qu’il entre, le Roi de gloire » (Ps 23, 7b) ! Ainsi clamait déjà le peuple hébraïque en procession vers le temple de Jérusalem. La méditation de ce Psaume, nous introduit à la célébration fervente de la Semaine Sainte. 

Après avoir professé le Seigneur (Dieu) comme créateur du ciel et de la terre, le reste du psaume 23 serait un véritable chant de triomphe à deux chœurs : un chœur à l’extérieur, sur les parvis du temple, qui annonce avec force et conviction l’entrée du Roi dans son temple : « portes, levez vos frontons…, qu’il entre le Roi de gloire » (Ps 23, 7). Un autre chœur à l’intérieur du temple, enfermé dans les ténèbres, interroge avec insistance l’identité de Celui qui veut entrer : « qui est ce Roi de gloire…, qui donc est ce Roi de gloire ? » (Ps 23, 7b.10). Peut-on ignorer cette sorte d’ambivalence singulière entre les deux chœurs ? Ils mettent admirablement en lumière la seigneurie de ce Roi qui pointe son nez dans le temple. On remarquera avec justesse une astuce poétique qui souligne une apparente méfiance d’un côté et une confiance certaine de l’autre. 

Ainsi apparaissent les deux faces dialectiques du psaume qui font ressortir l’ambiance victorieuse de ce Roi, son éclat glorieux qui suppose d’abord sa sortie des entrailles de l’adversité, du mal: ce Roi rentre triomphalement dans sa ville parce qu’il a précédemment vaincu l’ennemi. Ne dit-on pas, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » (Pierre Corneille, Le Cid) ? Rien n’est si pernicieux qu’une tentation qui vient ternir notre audace, notre victoire par le rejet du sacrifice, du péril, de la croix… Pourtant l’épreuve offre une prise de conscience, parfois douloureuse, de nos fragilités, de nos limites et de nos faiblesses. Mais l’épreuve sait aussi et surtout ennoblir nos victoires et anoblir ceux qui ont acquis de tels victoires au prix du sacrifice !

Dans la vie du Christ, la croix est un échec apparent, absolument incontournable, qui transforme nos échecs, nos épreuves, nos difficultés en une victoire ennoblissante. Dans sa faiblesse, l’Apôtre Paul professe la grâce du Christ à l’œuvre dans sa vie et son ministère : « ma grâce te suffit…, elle donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Cor 12,9). Par sa croix, le Christ a porté nos faiblesses, il a vaincu notre ennemi, le mal et le péché. Pour le chrétien, la croix du Christ est l’arme fatale contre le mal et le Diable, son auteur. De nos jours, nos sociétés aseptisées où « le risque zéro » est un slogan de conviction, le moindre inconfort déstabilise : on cherche le coupable, on s’agite à expliquer l’inexplicable… La peur du danger est plus dangereuse que le danger lui-même. Dans un tel contexte, comment parler de la souffrance et de la croix sans diluer cette entité qui côtoie nos vies et que le Christ porte désormais avec nous ? La loi sur « l’aide à mourir » votées par nos représentants est l’expression la plus haute de la corruption de notre conscience humaine, de notre « science » qui viole la dignité de l’homme quelles que soit ses fragilités.

Si le psaume 23 chante la magnanimité de ce Roi qui entre dans sa ville, Jérusalem, Cité du Grand Roi, c’est en souvenir du risque assumé à travers ses combats féroces contre les envahisseurs. Dans la Nouvelle Alliance, le Christ est ce Roi qui entre dans notre monde où règne la mort. D’ailleurs, l’expression « Roi de gloire », « l’oint de Dieu », ou « Messie » sont autant de titres de l’Ancienne Alliance qui annoncent Jésus, le Christ, médiateur de la Nouvelle Alliance par son sang versé sur la croix. Cette croix est devenue pour tout homme et particulièrement pour les chrétiens le signe de la Victoire. Faudrait-il le redire ? Le triomphe du chrétien, c’est la Croix du Christ !

La Semaine Sainte qui s’ouvre avec le « dimanche des Rameaux et de la Passion » nous introduit dans ce mystère qui embrasse toute la vie chrétienne et l’embrase ! Pierre, au cours de la Passion, va se heurter à l’énigme de la souffrance affligée à son Maitre. Il abandonnera sa profession de foi au Christ comme Messie, dite quelques jours plutôt, pour arborer le costume du reniement : « je ne connais pas cet homme » (Mt 26,72). L’épreuve de la Croix demeure une énigme dont le déchiffrement est progressif, dialectique et dynamique. La pédagogie de la Sainte Cène où le Jésus offre à ses Apôtres le pain et le vin qui deviendront « son Corps et son Sang » n’a pu réveiller leur conscience au soir de la Passion. Tous ont fui et l’ont abandonné ! De « hosanna au Fils de David » à « crucifie-le », des Rameaux à la Passion, de la croix à la victoire, ainsi se dessine l’itinéraire ambivalent de la vie de ceux qui croient au Christ. Plus qu’un instrument de châtiment, la croix est un ferment de fécondité. La Croix du Christ est féconde, parce que source de grâce qui éclaire nos hésitations, illumine notre vie qui s’enferme dans la peur au lieu de s’ouvrir au Christ vainqueur : « courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 26-33)

Avec le Christ, les portes de la mort sont définitivement scellées. Pendant la Vigile pascale, nous passerons à nouveau les portes de notre église, en procession avec les catéchumènes, derrière le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité.  

Accorde-nous Seigneur de retenir les enseignements de la Passion de ton Fils, afin d’avoir part à sa résurrection glorieuse.

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

 

 

Publié le 26 mars 2026

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Edito du curé – dimanche 29 mars 2026

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« Qu’il entre le Roi de gloire… » 

Voici que s’ouvre la Semaine Sainte, une étape décisive de la vie du Christ et de la nôtre. Ce dimanche est liturgiquement appelé « Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur » (cf. Nouvelle Traduction du Missel Romain). Alors que les Rameaux symbolisent la joie, l’allégresse et le triomphe, la Passion renvoie à l’échec, la souffrance, l’angoisse et même la mort. Mises côte à côte ce dimanche, ces deux réalités apparemment contradictoires – Rameau et Passion – représentent les grandes étapes de la vie, de toute vie : elles ne suivent pas toujours un chemin linéaire, mais le plus souvent empruntent une route en dents de scie : descendre pour remonter, mourir pour ressusciter. Epousant totalement notre humanité, la vie du Christ assume cette dualité ambiguë de notre existence en lui conférant un visage qui transforme nos échecs en succès, nos souffrances en espérance, nos croix en victoire : « Qu’il entre, le Roi de gloire » (Ps 23, 7b) ! Ainsi clamait déjà le peuple hébraïque en procession vers le temple de Jérusalem. La méditation de ce Psaume, nous introduit à la célébration fervente de la Semaine Sainte. 

Après avoir professé le Seigneur (Dieu) comme créateur du ciel et de la terre, le reste du psaume 23 serait un véritable chant de triomphe à deux chœurs : un chœur à l’extérieur, sur les parvis du temple, qui annonce avec force et conviction l’entrée du Roi dans son temple : « portes, levez vos frontons…, qu’il entre le Roi de gloire » (Ps 23, 7). Un autre chœur à l’intérieur du temple, enfermé dans les ténèbres, interroge avec insistance l’identité de Celui qui veut entrer : « qui est ce Roi de gloire…, qui donc est ce Roi de gloire ? » (Ps 23, 7b.10). Peut-on ignorer cette sorte d’ambivalence singulière entre les deux chœurs ? Ils mettent admirablement en lumière la seigneurie de ce Roi qui pointe son nez dans le temple. On remarquera avec justesse une astuce poétique qui souligne une apparente méfiance d’un côté et une confiance certaine de l’autre. 

Ainsi apparaissent les deux faces dialectiques du psaume qui font ressortir l’ambiance victorieuse de ce Roi, son éclat glorieux qui suppose d’abord sa sortie des entrailles de l’adversité, du mal: ce Roi rentre triomphalement dans sa ville parce qu’il a précédemment vaincu l’ennemi. Ne dit-on pas, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » (Pierre Corneille, Le Cid) ? Rien n’est si pernicieux qu’une tentation qui vient ternir notre audace, notre victoire par le rejet du sacrifice, du péril, de la croix… Pourtant l’épreuve offre une prise de conscience, parfois douloureuse, de nos fragilités, de nos limites et de nos faiblesses. Mais l’épreuve sait aussi et surtout ennoblir nos victoires et anoblir ceux qui ont acquis de tels victoires au prix du sacrifice !

Dans la vie du Christ, la croix est un échec apparent, absolument incontournable, qui transforme nos échecs, nos épreuves, nos difficultés en une victoire ennoblissante. Dans sa faiblesse, l’Apôtre Paul professe la grâce du Christ à l’œuvre dans sa vie et son ministère : « ma grâce te suffit…, elle donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Cor 12,9). Par sa croix, le Christ a porté nos faiblesses, il a vaincu notre ennemi, le mal et le péché. Pour le chrétien, la croix du Christ est l’arme fatale contre le mal et le Diable, son auteur. De nos jours, nos sociétés aseptisées où « le risque zéro » est un slogan de conviction, le moindre inconfort déstabilise : on cherche le coupable, on s’agite à expliquer l’inexplicable… La peur du danger est plus dangereuse que le danger lui-même. Dans un tel contexte, comment parler de la souffrance et de la croix sans diluer cette entité qui côtoie nos vies et que le Christ porte désormais avec nous ? La loi sur « l’aide à mourir » votées par nos représentants est l’expression la plus haute de la corruption de notre conscience humaine, de notre « science » qui viole la dignité de l’homme quelles que soit ses fragilités.

Si le psaume 23 chante la magnanimité de ce Roi qui entre dans sa ville, Jérusalem, Cité du Grand Roi, c’est en souvenir du risque assumé à travers ses combats féroces contre les envahisseurs. Dans la Nouvelle Alliance, le Christ est ce Roi qui entre dans notre monde où règne la mort. D’ailleurs, l’expression « Roi de gloire », « l’oint de Dieu », ou « Messie » sont autant de titres de l’Ancienne Alliance qui annoncent Jésus, le Christ, médiateur de la Nouvelle Alliance par son sang versé sur la croix. Cette croix est devenue pour tout homme et particulièrement pour les chrétiens le signe de la Victoire. Faudrait-il le redire ? Le triomphe du chrétien, c’est la Croix du Christ !

La Semaine Sainte qui s’ouvre avec le « dimanche des Rameaux et de la Passion » nous introduit dans ce mystère qui embrasse toute la vie chrétienne et l’embrase ! Pierre, au cours de la Passion, va se heurter à l’énigme de la souffrance affligée à son Maitre. Il abandonnera sa profession de foi au Christ comme Messie, dite quelques jours plutôt, pour arborer le costume du reniement : « je ne connais pas cet homme » (Mt 26,72). L’épreuve de la Croix demeure une énigme dont le déchiffrement est progressif, dialectique et dynamique. La pédagogie de la Sainte Cène où le Jésus offre à ses Apôtres le pain et le vin qui deviendront « son Corps et son Sang » n’a pu réveiller leur conscience au soir de la Passion. Tous ont fui et l’ont abandonné ! De « hosanna au Fils de David » à « crucifie-le », des Rameaux à la Passion, de la croix à la victoire, ainsi se dessine l’itinéraire ambivalent de la vie de ceux qui croient au Christ. Plus qu’un instrument de châtiment, la croix est un ferment de fécondité. La Croix du Christ est féconde, parce que source de grâce qui éclaire nos hésitations, illumine notre vie qui s’enferme dans la peur au lieu de s’ouvrir au Christ vainqueur : « courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 26-33)

Avec le Christ, les portes de la mort sont définitivement scellées. Pendant la Vigile pascale, nous passerons à nouveau les portes de notre église, en procession avec les catéchumènes, derrière le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité.  

Accorde-nous Seigneur de retenir les enseignements de la Passion de ton Fils, afin d’avoir part à sa résurrection glorieuse.

 

Père Dieudonné MASSOMA, Curé 

 

 

 

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Publié le 26 mars 2026