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Edito du curé – dimanche 18 octobre 2026

lelien

Jésus, traitre ou imposteur ?

L’identité de Jésus est au cœur de ses relations avec ses compatriotes : est-il oui ou non le Messie annoncé et attendu ? Cette question était encore plus préoccupante pour les juifs sous l’occupation romaine. Le rêve d’un Messie-roi, à la carrure de David, était dans tous les esprits. Beaucoup de Juifs attendaient un Messie-guerrier dont la mission principale était la libération du Peuple. Jésus présente-t-il les caractéristiques d’un roi à vision temporelle ? A voir la réaction de ses disciples et même de ses Apôtres, la déception de n’avoir pas posé clairement ses ambitions politiques en frustrait plus d’un ! Une tension latente se dessinait presque constamment avec ses interlocuteurs.

Dans l’épisode de l’évangile de ce dimanche, Jésus définit son attitude face au pouvoir temporel. S’il préconise le respect du pouvoir temporel surtout si celui-ci, lutte pour la justice, la paix et la dignité humaine à toutes les étapes de son évolution il ne manque pas de revendiquer la primauté du service de Dieu qui passe par la mission de l’Eglise.

Cette scène de l’évangile a été illustrée par plusieurs peintres, notamment Philippe de Champaigne « Le Denier de César » qui met en lumière une sorte de tension, entre le pharisien qui tend le denier à Jésus et ce dernier qui, dans un double mouvement désigne denier (la terre et le pouvoir) et le ciel (Dieu). Matthieu, Marc et Luc, les trois évangélistes soulignent en des termes presque semblables cette scène où « payer de l’impôt » n’est que l’artifice annonçant la véritable question sur l’identité de Jésus. Sa réponse donnerait alors du grain à moudre aux chefs religieux : Jésus serait un traitre, s’il accepte de payer l’impôt à César, le colonisateur…, ou alors un agitateur, s’il refuse de payer l’impôt à César ! La question est bien huilée et la réponse de Jésus l’engage dans un camp ou dans un autre.

Les trois évangélistes soulignent aussi que la question est un piège. La douce tonalité cache un antagonisme de longue date. « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » est un véritable subterfuge qui cache les intentions des pharisiens. Ces derniers veulent faire dire à Jésus ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent et ce qu’ils jugent utile pour eux…

Hier comme aujourd’hui, l’homme a souvent tenté de prendre Dieu dans un piège, de forcer l’Eglise à se couler dans le moule de la pensée « laïciste ».

Le piège habilement posé par ce groupe de pharisiens va se retourner contre eux. Et Jésus va se servir de la « maïeutique » pour les emmener à rentrer au fond d’eux-mêmes et à trouver la réponse qui convient. Ici, Jésus épouse bien son titre de « Maître… ». Il opte volontiers pour une prise de conscience qui corrigerait une déformation de son identité et de sa véritable mission. S’il ne s’affirme pas comme un Messie-temporel ou un Messie-politique, Jésus ne méconnait pas la responsabilité propre à César dans la gestion juste et équitable de la « res publica ». D’ailleurs, le prophète Isaïe prononce un oracle déconcertant au sujet de Cyrus, Roi des Perses. Dieu se sert des victoires militaires de ce roi païen pour libérer son peuple de l’exil. La providence de Dieu s’exerce aussi dans la mission des rois.

Dieu est d’un autre ordre ! Il n’est pas l’opposant de César, ni son concurrent. Il est son Maître et son Seigneur. Dieu a sa place dans la cité où vivent les hommes ! Il reste à sa place dans nos vies : Dieu ou Rien » (Card Robert SARAH). S’il a envoyé son Fils, Jésus, pour vivre sur terre, royaume des césars, c’est pour apprendre aux hommes à préparer l’avènement du vrai royaume à travers leurs œuvres de foi, d’amour et de fraternité. Cette vie fraternelle vécue dans un véritable amour est une action de grâce et une anticipation du royaume du ciel sur notre terre que l’Eglise témoigne, annonce…

Dans nos sociétés sécularisées, les vieilles querelles entre l’Eglise et l’état desservent la vocation de l’Eglise et dénaturent sa mission. Jésus ne prête pas le flanc devant la polémique infructueuse des pharisiens : ou bien Dieu ou bien César ! Devant les défis multiformes de notre temps, l’Eglise et l’Etat doivent jouer la carte de la complémentarité et non de l’exclusivité ! Bien que les domaines soient de nature distincte, ils ont un dénominateur commun : l’HUMAIN, son être, son agir, son insertion sociale, son avenir… ! C’est toute la portée de la question fondamentale du Pape Léon XVI posée aux représentants des Etats membres de l’UNESCO : « que signifie être humain ? » à l’heure de l’intelligence artificielle ! L’Eglise, dans l’essence de sa vocation et de son ministère, doit fixer le cap : libérer les hommes de la dictature annoncée de l’IA aux dépens de la dignité humaine avec la vulnérabilité et l’exploitation qui se dessinent de plus en plus à l’heure « du tout numérique ».

Tout est œuvre de Dieu lorsque toute activité humaine – du temporel et du spirituel – se fonde sur la foi, l’espérance et la charité.

« Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours agir pour toi…, et servir ta gloire d’un cœur sans partage »

Père Dieudonné MASSOMA 

Publié le 16 octobre 2026

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Edito du curé – dimanche 18 octobre 2026

Jésus, traitre ou imposteur ?

L’identité de Jésus est au cœur de ses relations avec ses compatriotes : est-il oui ou non le Messie annoncé et attendu ? Cette question était encore plus préoccupante pour les juifs sous l’occupation romaine. Le rêve d’un Messie-roi, à la carrure de David, était dans tous les esprits. Beaucoup de Juifs attendaient un Messie-guerrier dont la mission principale était la libération du Peuple. Jésus présente-t-il les caractéristiques d’un roi à vision temporelle ? A voir la réaction de ses disciples et même de ses Apôtres, la déception de n’avoir pas posé clairement ses ambitions politiques en frustrait plus d’un ! Une tension latente se dessinait presque constamment avec ses interlocuteurs.

Dans l’épisode de l’évangile de ce dimanche, Jésus définit son attitude face au pouvoir temporel. S’il préconise le respect du pouvoir temporel surtout si celui-ci, lutte pour la justice, la paix et la dignité humaine à toutes les étapes de son évolution il ne manque pas de revendiquer la primauté du service de Dieu qui passe par la mission de l’Eglise.

Cette scène de l’évangile a été illustrée par plusieurs peintres, notamment Philippe de Champaigne « Le Denier de César » qui met en lumière une sorte de tension, entre le pharisien qui tend le denier à Jésus et ce dernier qui, dans un double mouvement désigne denier (la terre et le pouvoir) et le ciel (Dieu). Matthieu, Marc et Luc, les trois évangélistes soulignent en des termes presque semblables cette scène où « payer de l’impôt » n’est que l’artifice annonçant la véritable question sur l’identité de Jésus. Sa réponse donnerait alors du grain à moudre aux chefs religieux : Jésus serait un traitre, s’il accepte de payer l’impôt à César, le colonisateur…, ou alors un agitateur, s’il refuse de payer l’impôt à César ! La question est bien huilée et la réponse de Jésus l’engage dans un camp ou dans un autre.

Les trois évangélistes soulignent aussi que la question est un piège. La douce tonalité cache un antagonisme de longue date. « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » est un véritable subterfuge qui cache les intentions des pharisiens. Ces derniers veulent faire dire à Jésus ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent et ce qu’ils jugent utile pour eux…

Hier comme aujourd’hui, l’homme a souvent tenté de prendre Dieu dans un piège, de forcer l’Eglise à se couler dans le moule de la pensée « laïciste ».

Le piège habilement posé par ce groupe de pharisiens va se retourner contre eux. Et Jésus va se servir de la « maïeutique » pour les emmener à rentrer au fond d’eux-mêmes et à trouver la réponse qui convient. Ici, Jésus épouse bien son titre de « Maître… ». Il opte volontiers pour une prise de conscience qui corrigerait une déformation de son identité et de sa véritable mission. S’il ne s’affirme pas comme un Messie-temporel ou un Messie-politique, Jésus ne méconnait pas la responsabilité propre à César dans la gestion juste et équitable de la « res publica ». D’ailleurs, le prophète Isaïe prononce un oracle déconcertant au sujet de Cyrus, Roi des Perses. Dieu se sert des victoires militaires de ce roi païen pour libérer son peuple de l’exil. La providence de Dieu s’exerce aussi dans la mission des rois.

Dieu est d’un autre ordre ! Il n’est pas l’opposant de César, ni son concurrent. Il est son Maître et son Seigneur. Dieu a sa place dans la cité où vivent les hommes ! Il reste à sa place dans nos vies : Dieu ou Rien » (Card Robert SARAH). S’il a envoyé son Fils, Jésus, pour vivre sur terre, royaume des césars, c’est pour apprendre aux hommes à préparer l’avènement du vrai royaume à travers leurs œuvres de foi, d’amour et de fraternité. Cette vie fraternelle vécue dans un véritable amour est une action de grâce et une anticipation du royaume du ciel sur notre terre que l’Eglise témoigne, annonce…

Dans nos sociétés sécularisées, les vieilles querelles entre l’Eglise et l’état desservent la vocation de l’Eglise et dénaturent sa mission. Jésus ne prête pas le flanc devant la polémique infructueuse des pharisiens : ou bien Dieu ou bien César ! Devant les défis multiformes de notre temps, l’Eglise et l’Etat doivent jouer la carte de la complémentarité et non de l’exclusivité ! Bien que les domaines soient de nature distincte, ils ont un dénominateur commun : l’HUMAIN, son être, son agir, son insertion sociale, son avenir… ! C’est toute la portée de la question fondamentale du Pape Léon XVI posée aux représentants des Etats membres de l’UNESCO : « que signifie être humain ? » à l’heure de l’intelligence artificielle ! L’Eglise, dans l’essence de sa vocation et de son ministère, doit fixer le cap : libérer les hommes de la dictature annoncée de l’IA aux dépens de la dignité humaine avec la vulnérabilité et l’exploitation qui se dessinent de plus en plus à l’heure « du tout numérique ».

Tout est œuvre de Dieu lorsque toute activité humaine – du temporel et du spirituel – se fonde sur la foi, l’espérance et la charité.

« Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours agir pour toi…, et servir ta gloire d’un cœur sans partage »

Père Dieudonné MASSOMA 

Publié le 16 octobre 2026

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Edito du curé – dimanche 18 octobre 2026

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Jésus, traitre ou imposteur ?

L’identité de Jésus est au cœur de ses relations avec ses compatriotes : est-il oui ou non le Messie annoncé et attendu ? Cette question était encore plus préoccupante pour les juifs sous l’occupation romaine. Le rêve d’un Messie-roi, à la carrure de David, était dans tous les esprits. Beaucoup de Juifs attendaient un Messie-guerrier dont la mission principale était la libération du Peuple. Jésus présente-t-il les caractéristiques d’un roi à vision temporelle ? A voir la réaction de ses disciples et même de ses Apôtres, la déception de n’avoir pas posé clairement ses ambitions politiques en frustrait plus d’un ! Une tension latente se dessinait presque constamment avec ses interlocuteurs.

Dans l’épisode de l’évangile de ce dimanche, Jésus définit son attitude face au pouvoir temporel. S’il préconise le respect du pouvoir temporel surtout si celui-ci, lutte pour la justice, la paix et la dignité humaine à toutes les étapes de son évolution il ne manque pas de revendiquer la primauté du service de Dieu qui passe par la mission de l’Eglise.

Cette scène de l’évangile a été illustrée par plusieurs peintres, notamment Philippe de Champaigne « Le Denier de César » qui met en lumière une sorte de tension, entre le pharisien qui tend le denier à Jésus et ce dernier qui, dans un double mouvement désigne denier (la terre et le pouvoir) et le ciel (Dieu). Matthieu, Marc et Luc, les trois évangélistes soulignent en des termes presque semblables cette scène où « payer de l’impôt » n’est que l’artifice annonçant la véritable question sur l’identité de Jésus. Sa réponse donnerait alors du grain à moudre aux chefs religieux : Jésus serait un traitre, s’il accepte de payer l’impôt à César, le colonisateur…, ou alors un agitateur, s’il refuse de payer l’impôt à César ! La question est bien huilée et la réponse de Jésus l’engage dans un camp ou dans un autre.

Les trois évangélistes soulignent aussi que la question est un piège. La douce tonalité cache un antagonisme de longue date. « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » est un véritable subterfuge qui cache les intentions des pharisiens. Ces derniers veulent faire dire à Jésus ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent et ce qu’ils jugent utile pour eux…

Hier comme aujourd’hui, l’homme a souvent tenté de prendre Dieu dans un piège, de forcer l’Eglise à se couler dans le moule de la pensée « laïciste ».

Le piège habilement posé par ce groupe de pharisiens va se retourner contre eux. Et Jésus va se servir de la « maïeutique » pour les emmener à rentrer au fond d’eux-mêmes et à trouver la réponse qui convient. Ici, Jésus épouse bien son titre de « Maître… ». Il opte volontiers pour une prise de conscience qui corrigerait une déformation de son identité et de sa véritable mission. S’il ne s’affirme pas comme un Messie-temporel ou un Messie-politique, Jésus ne méconnait pas la responsabilité propre à César dans la gestion juste et équitable de la « res publica ». D’ailleurs, le prophète Isaïe prononce un oracle déconcertant au sujet de Cyrus, Roi des Perses. Dieu se sert des victoires militaires de ce roi païen pour libérer son peuple de l’exil. La providence de Dieu s’exerce aussi dans la mission des rois.

Dieu est d’un autre ordre ! Il n’est pas l’opposant de César, ni son concurrent. Il est son Maître et son Seigneur. Dieu a sa place dans la cité où vivent les hommes ! Il reste à sa place dans nos vies : Dieu ou Rien » (Card Robert SARAH). S’il a envoyé son Fils, Jésus, pour vivre sur terre, royaume des césars, c’est pour apprendre aux hommes à préparer l’avènement du vrai royaume à travers leurs œuvres de foi, d’amour et de fraternité. Cette vie fraternelle vécue dans un véritable amour est une action de grâce et une anticipation du royaume du ciel sur notre terre que l’Eglise témoigne, annonce…

Dans nos sociétés sécularisées, les vieilles querelles entre l’Eglise et l’état desservent la vocation de l’Eglise et dénaturent sa mission. Jésus ne prête pas le flanc devant la polémique infructueuse des pharisiens : ou bien Dieu ou bien César ! Devant les défis multiformes de notre temps, l’Eglise et l’Etat doivent jouer la carte de la complémentarité et non de l’exclusivité ! Bien que les domaines soient de nature distincte, ils ont un dénominateur commun : l’HUMAIN, son être, son agir, son insertion sociale, son avenir… ! C’est toute la portée de la question fondamentale du Pape Léon XVI posée aux représentants des Etats membres de l’UNESCO : « que signifie être humain ? » à l’heure de l’intelligence artificielle ! L’Eglise, dans l’essence de sa vocation et de son ministère, doit fixer le cap : libérer les hommes de la dictature annoncée de l’IA aux dépens de la dignité humaine avec la vulnérabilité et l’exploitation qui se dessinent de plus en plus à l’heure « du tout numérique ».

Tout est œuvre de Dieu lorsque toute activité humaine – du temporel et du spirituel – se fonde sur la foi, l’espérance et la charité.

« Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours agir pour toi…, et servir ta gloire d’un cœur sans partage »

Père Dieudonné MASSOMA 

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Publié le 16 octobre 2026