Edito du curé – dimanche 12 avril 2026
La Paix soit avec vous
Le Christ ressuscité est porteur d’un message : « la Paix soit avec vous ». Dans l’évangile de saint Jean de ce dimanche dédié à la miséricorde, l’expression revient jusqu’à trois fois. Cette insistance est pédagogique pour les apôtres tétanisés par la peur. Ainsi, la Paix que souhaite le Christ est, à la fois, une attitude de sérénité intérieure et la racine pivotante de la miséricorde. A la lumière de Pâques, la Paix est le fruit de la miséricorde et la miséricorde est la racine de Paix.
A la lumière de la résurrection, je vous invite – en ce dimanche de la miséricorde – à relire ces paroles ultimes du Christ prononcées du haut de sa croix, au creux de sa passion : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 24, 34). Prononcé par la victime, l’expression, « pardonne-leur », est un véritable cri du cœur. Ce cri s’adresse au Père qui a tant aimé le monde en lui donnant son fils. Ce cri voudrait aussi orienter spécialement le regard miséricordieux du Père vers les bourreaux, ceux-là même qui enfoncent les clous sur les mains et les pieds de son Fils, Jésus, victime innocente. En plaçant ces paroles à ce moment fatidique, St Luc conclut la vie de Jésus sur la même note que celle qui traverse tout son Evangile : le pardon, effet et cause de la miséricorde du Père ! Il faut être Jésus, consommé par l’amour du Père, pour sortir un tel mot et à ce moment précis : « Père, pardonne-leur car il ne savent pas ce qu’ils font ».
Du haut de la croix, le pardon clôt l’œuvre salvifique du Fils. Déjà, en s’incarnant, Jésus a ouvert l’humanité à la miséricorde. Tout au long de sa vie, il a mis cette miséricorde en exergue. Au soir de sa vie, sur la croix, il présente définitivement la miséricorde comme chemin ultime vers le Père. St Paul dira : « la preuve que Dieu aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions pécheurs » (Rm 5,8).
Fils ainé de la miséricorde, le Pardon, don par excellence, don au-dessus de tout, et par-delà tout, est premier ! Paraphrasant le Prologue de St Jean, le Père Cantalamessa dira : « Au commencement était l’Amour ». L’Amour trinitaire, par nature, tend à se répandre, « diffusivum sui » (St Thomas d’Aquin). L’acte de la création est le confluent principal où se jette l’amour de Dieu à profusion.
Dans l’Ancien Testament, le Dieu de l’Alliance est contemplé sous les traits d’un « tendre et miséricordieux Père, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34,6). C’est ce visage du Père que Jésus, à travers ses multiples rencontres sur les routes de la Palestine, a traduit spécialement dans l’épisode l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32) et de la femme adultère (Jn 8, 1-11). Dans les Evangiles, le visage miséricordieux du Père est mis en relief au sommet de la croix. Cette miséricorde n’est pas une simple tendresse, mais un attribut caractéristique du Père, sa compassion qui va au-delà de nos mérites. C’est l’énigme de l’Evangile où le scandale de la croix se veut expression parfaite du pardon offert.
Le Magistère de l’Eglise, s’appuyant sur la source fondamentale, la Parole de Dieu, qui irrigue les cœurs blessés et les réjouit par le message du Ressuscité, a institué ce dimanche, fête de la miséricorde ! Saint Jean-Paul II, éclairé par le message de Sainte Faustine, apôtre de la miséricorde de Dieu dans notre monde en proie à de nombreuses crises successives, a étendu cette fête à l’Eglise entière : « Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs ». (Saint Faustine)
Sur le plan liturgique, ce dimanche coïncide avec le dimanche « in albis », où les baptisés de la nuit de Pâques viennent déposer leurs vêtements blancs au pied de l’autel. Ce vêtement blanc, symbole de l’éclat du Christ ressuscité, envahit désormais la vie des nouveaux baptisés de l’intérieur. Cette blancheur, signe de la victoire acquise par le Sang de Jésus répandu sur la Croix, n’est plus accrochée sur une simple étoffe, elle embrasse toutes les dimensions de la vie des baptisés : pour eux et sur eux, « la miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge ».
Sur la croix, le Christ signe une certification de la miséricorde. Cette croix est l’expression visible de cet amour versé à profusion pour le pardon de nos péchés : le bois qui donnait la mort donne désormais la vie. Le baptisé est le rejeton de cet arbre de vie. La vie chrétienne se nourrit de la sève qui coule à profusion sur son tronc. Et cette vie est imprégnée de la grâce du baptême, sacrement de la mort et de la résurrection du Christ.
Dans notre baptême, nous ne recevons pas et n’expérimentons pas seulement la miséricorde de Dieu, nous sommes devenus Apôtres de miséricorde selon la béatitude de Jésus : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7)
Comment comprendre et intégrer véritablement cette béatitude au cœur d’un monde en crise et où la guerre s’installe comme seul moyen de dialogue ? Comment comprendre cette miséricorde lorsque « la Loi du Talion » (Ex 21, 23 ; Lév 24,17) que les sociétés civilisées appelaient barbarie règle désormais les rapports interpersonnels?
« La Paix soit avec vous » ! Nous avons besoin de cette annonce aujourd’hui, à une époque où l’homme se retrouve désemparé face aux multiples manifestations du mal. Il faut que l’invocation de la miséricorde de Dieu jaillisse du fond de nos cœurs remplis de souffrance et d’incertitude, et soit en même temps la source infaillible d’espérance (St Jean Paul II, dédicace du nouveau Sanctuaire de Lagiewniki 2002).
Père Dieudonné MASSOMA, Curé
Publié le 10 avril 2026
Edito du curé – dimanche 12 avril 2026
La Paix soit avec vous
Le Christ ressuscité est porteur d’un message : « la Paix soit avec vous ». Dans l’évangile de saint Jean de ce dimanche dédié à la miséricorde, l’expression revient jusqu’à trois fois. Cette insistance est pédagogique pour les apôtres tétanisés par la peur. Ainsi, la Paix que souhaite le Christ est, à la fois, une attitude de sérénité intérieure et la racine pivotante de la miséricorde. A la lumière de Pâques, la Paix est le fruit de la miséricorde et la miséricorde est la racine de Paix.
A la lumière de la résurrection, je vous invite – en ce dimanche de la miséricorde – à relire ces paroles ultimes du Christ prononcées du haut de sa croix, au creux de sa passion : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 24, 34). Prononcé par la victime, l’expression, « pardonne-leur », est un véritable cri du cœur. Ce cri s’adresse au Père qui a tant aimé le monde en lui donnant son fils. Ce cri voudrait aussi orienter spécialement le regard miséricordieux du Père vers les bourreaux, ceux-là même qui enfoncent les clous sur les mains et les pieds de son Fils, Jésus, victime innocente. En plaçant ces paroles à ce moment fatidique, St Luc conclut la vie de Jésus sur la même note que celle qui traverse tout son Evangile : le pardon, effet et cause de la miséricorde du Père ! Il faut être Jésus, consommé par l’amour du Père, pour sortir un tel mot et à ce moment précis : « Père, pardonne-leur car il ne savent pas ce qu’ils font ».
Du haut de la croix, le pardon clôt l’œuvre salvifique du Fils. Déjà, en s’incarnant, Jésus a ouvert l’humanité à la miséricorde. Tout au long de sa vie, il a mis cette miséricorde en exergue. Au soir de sa vie, sur la croix, il présente définitivement la miséricorde comme chemin ultime vers le Père. St Paul dira : « la preuve que Dieu aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions pécheurs » (Rm 5,8).
Fils ainé de la miséricorde, le Pardon, don par excellence, don au-dessus de tout, et par-delà tout, est premier ! Paraphrasant le Prologue de St Jean, le Père Cantalamessa dira : « Au commencement était l’Amour ». L’Amour trinitaire, par nature, tend à se répandre, « diffusivum sui » (St Thomas d’Aquin). L’acte de la création est le confluent principal où se jette l’amour de Dieu à profusion.
Dans l’Ancien Testament, le Dieu de l’Alliance est contemplé sous les traits d’un « tendre et miséricordieux Père, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34,6). C’est ce visage du Père que Jésus, à travers ses multiples rencontres sur les routes de la Palestine, a traduit spécialement dans l’épisode l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32) et de la femme adultère (Jn 8, 1-11). Dans les Evangiles, le visage miséricordieux du Père est mis en relief au sommet de la croix. Cette miséricorde n’est pas une simple tendresse, mais un attribut caractéristique du Père, sa compassion qui va au-delà de nos mérites. C’est l’énigme de l’Evangile où le scandale de la croix se veut expression parfaite du pardon offert.
Le Magistère de l’Eglise, s’appuyant sur la source fondamentale, la Parole de Dieu, qui irrigue les cœurs blessés et les réjouit par le message du Ressuscité, a institué ce dimanche, fête de la miséricorde ! Saint Jean-Paul II, éclairé par le message de Sainte Faustine, apôtre de la miséricorde de Dieu dans notre monde en proie à de nombreuses crises successives, a étendu cette fête à l’Eglise entière : « Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs ». (Saint Faustine)
Sur le plan liturgique, ce dimanche coïncide avec le dimanche « in albis », où les baptisés de la nuit de Pâques viennent déposer leurs vêtements blancs au pied de l’autel. Ce vêtement blanc, symbole de l’éclat du Christ ressuscité, envahit désormais la vie des nouveaux baptisés de l’intérieur. Cette blancheur, signe de la victoire acquise par le Sang de Jésus répandu sur la Croix, n’est plus accrochée sur une simple étoffe, elle embrasse toutes les dimensions de la vie des baptisés : pour eux et sur eux, « la miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge ».
Sur la croix, le Christ signe une certification de la miséricorde. Cette croix est l’expression visible de cet amour versé à profusion pour le pardon de nos péchés : le bois qui donnait la mort donne désormais la vie. Le baptisé est le rejeton de cet arbre de vie. La vie chrétienne se nourrit de la sève qui coule à profusion sur son tronc. Et cette vie est imprégnée de la grâce du baptême, sacrement de la mort et de la résurrection du Christ.
Dans notre baptême, nous ne recevons pas et n’expérimentons pas seulement la miséricorde de Dieu, nous sommes devenus Apôtres de miséricorde selon la béatitude de Jésus : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7)
Comment comprendre et intégrer véritablement cette béatitude au cœur d’un monde en crise et où la guerre s’installe comme seul moyen de dialogue ? Comment comprendre cette miséricorde lorsque « la Loi du Talion » (Ex 21, 23 ; Lév 24,17) que les sociétés civilisées appelaient barbarie règle désormais les rapports interpersonnels?
« La Paix soit avec vous » ! Nous avons besoin de cette annonce aujourd’hui, à une époque où l’homme se retrouve désemparé face aux multiples manifestations du mal. Il faut que l’invocation de la miséricorde de Dieu jaillisse du fond de nos cœurs remplis de souffrance et d’incertitude, et soit en même temps la source infaillible d’espérance (St Jean Paul II, dédicace du nouveau Sanctuaire de Lagiewniki 2002).
Père Dieudonné MASSOMA, Curé
Publié le 10 avril 2026
Edito du curé – dimanche 12 avril 2026
La Paix soit avec vous
Le Christ ressuscité est porteur d’un message : « la Paix soit avec vous ». Dans l’évangile de saint Jean de ce dimanche dédié à la miséricorde, l’expression revient jusqu’à trois fois. Cette insistance est pédagogique pour les apôtres tétanisés par la peur. Ainsi, la Paix que souhaite le Christ est, à la fois, une attitude de sérénité intérieure et la racine pivotante de la miséricorde. A la lumière de Pâques, la Paix est le fruit de la miséricorde et la miséricorde est la racine de Paix.
A la lumière de la résurrection, je vous invite – en ce dimanche de la miséricorde – à relire ces paroles ultimes du Christ prononcées du haut de sa croix, au creux de sa passion : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 24, 34). Prononcé par la victime, l’expression, « pardonne-leur », est un véritable cri du cœur. Ce cri s’adresse au Père qui a tant aimé le monde en lui donnant son fils. Ce cri voudrait aussi orienter spécialement le regard miséricordieux du Père vers les bourreaux, ceux-là même qui enfoncent les clous sur les mains et les pieds de son Fils, Jésus, victime innocente. En plaçant ces paroles à ce moment fatidique, St Luc conclut la vie de Jésus sur la même note que celle qui traverse tout son Evangile : le pardon, effet et cause de la miséricorde du Père ! Il faut être Jésus, consommé par l’amour du Père, pour sortir un tel mot et à ce moment précis : « Père, pardonne-leur car il ne savent pas ce qu’ils font ».
Du haut de la croix, le pardon clôt l’œuvre salvifique du Fils. Déjà, en s’incarnant, Jésus a ouvert l’humanité à la miséricorde. Tout au long de sa vie, il a mis cette miséricorde en exergue. Au soir de sa vie, sur la croix, il présente définitivement la miséricorde comme chemin ultime vers le Père. St Paul dira : « la preuve que Dieu aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions pécheurs » (Rm 5,8).
Fils ainé de la miséricorde, le Pardon, don par excellence, don au-dessus de tout, et par-delà tout, est premier ! Paraphrasant le Prologue de St Jean, le Père Cantalamessa dira : « Au commencement était l’Amour ». L’Amour trinitaire, par nature, tend à se répandre, « diffusivum sui » (St Thomas d’Aquin). L’acte de la création est le confluent principal où se jette l’amour de Dieu à profusion.
Dans l’Ancien Testament, le Dieu de l’Alliance est contemplé sous les traits d’un « tendre et miséricordieux Père, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34,6). C’est ce visage du Père que Jésus, à travers ses multiples rencontres sur les routes de la Palestine, a traduit spécialement dans l’épisode l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32) et de la femme adultère (Jn 8, 1-11). Dans les Evangiles, le visage miséricordieux du Père est mis en relief au sommet de la croix. Cette miséricorde n’est pas une simple tendresse, mais un attribut caractéristique du Père, sa compassion qui va au-delà de nos mérites. C’est l’énigme de l’Evangile où le scandale de la croix se veut expression parfaite du pardon offert.
Le Magistère de l’Eglise, s’appuyant sur la source fondamentale, la Parole de Dieu, qui irrigue les cœurs blessés et les réjouit par le message du Ressuscité, a institué ce dimanche, fête de la miséricorde ! Saint Jean-Paul II, éclairé par le message de Sainte Faustine, apôtre de la miséricorde de Dieu dans notre monde en proie à de nombreuses crises successives, a étendu cette fête à l’Eglise entière : « Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs ». (Saint Faustine)
Sur le plan liturgique, ce dimanche coïncide avec le dimanche « in albis », où les baptisés de la nuit de Pâques viennent déposer leurs vêtements blancs au pied de l’autel. Ce vêtement blanc, symbole de l’éclat du Christ ressuscité, envahit désormais la vie des nouveaux baptisés de l’intérieur. Cette blancheur, signe de la victoire acquise par le Sang de Jésus répandu sur la Croix, n’est plus accrochée sur une simple étoffe, elle embrasse toutes les dimensions de la vie des baptisés : pour eux et sur eux, « la miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge ».
Sur la croix, le Christ signe une certification de la miséricorde. Cette croix est l’expression visible de cet amour versé à profusion pour le pardon de nos péchés : le bois qui donnait la mort donne désormais la vie. Le baptisé est le rejeton de cet arbre de vie. La vie chrétienne se nourrit de la sève qui coule à profusion sur son tronc. Et cette vie est imprégnée de la grâce du baptême, sacrement de la mort et de la résurrection du Christ.
Dans notre baptême, nous ne recevons pas et n’expérimentons pas seulement la miséricorde de Dieu, nous sommes devenus Apôtres de miséricorde selon la béatitude de Jésus : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7)
Comment comprendre et intégrer véritablement cette béatitude au cœur d’un monde en crise et où la guerre s’installe comme seul moyen de dialogue ? Comment comprendre cette miséricorde lorsque « la Loi du Talion » (Ex 21, 23 ; Lév 24,17) que les sociétés civilisées appelaient barbarie règle désormais les rapports interpersonnels?
« La Paix soit avec vous » ! Nous avons besoin de cette annonce aujourd’hui, à une époque où l’homme se retrouve désemparé face aux multiples manifestations du mal. Il faut que l’invocation de la miséricorde de Dieu jaillisse du fond de nos cœurs remplis de souffrance et d’incertitude, et soit en même temps la source infaillible d’espérance (St Jean Paul II, dédicace du nouveau Sanctuaire de Lagiewniki 2002).
Père Dieudonné MASSOMA, Curé
Dans ce dossier
Publié le 10 avril 2026