Row rect Shape Decorative svg added to top

Edito du curé – dimanche 10 mai 2026

lelien

« Mon Commandement, c’est l’amour. »

 

Ainsi pourrais-je paraphraser le long discours de Jésus rapporté par St Jean à un moment décisif de sa vie : les terribles évènements de la Passion. A cœur ouvert, Jésus donne à ses disciples interloqués par l’annonce de son départ, ses derniers conseils et recommandations. En ce 6ème dimanche de Pâques, le dernier avant l’Ascension, les paroles de Jean révèlent le commandement d’amour de Jésus: « si vous m’aimez, vous garderez mon commandement».

Jésus exprime dans son testament un amour qui n’est pas qu’une attitude remplie de pieux sentiments, mais un trait caractéristique de son intime relation avec ses disciples et de ses disciples avec son Père. L’originalité de l’amour que Jésus voudrait laisser à ses disciples, au soir de sa mission sur terre, vient de ce qu’il est un « commandement », un précepte, une exigence. Comment comprendre l’amour comme commandement ? L’amour peut-il être commandé ?

Amour et commandement ne sauraient coexister harmonieusement, mais au contraire semblent s’opposer. Dans l’imaginaire populaire, quand on parle d’amour et plus précisément quand on emploie l’expression « j’aime », celle-ci sous-entend « être libre», « faire ce qui me plait » « assouvir mes désirs sans contrainte », « avoir droit à… ». Ces notions, dans l’ensemble, s’opposent frontalement à ce qu’on désigne par « commandement », norme, restriction ou loi qui codifie.

Malheureusement, la signification ordinaire du mot « amour » est réduite à un sentiment d’une douce bonté ou à la passion souvent sensuelle.  A la différence de notre langage actuel, le mot « amour »dans le contexte du Nouveau Testament, est marqué par la Croix, et indique donc une bonté profonde qui s’offre et va jusqu’au bout dans le don de soi pour l’autre. Ainsi lorsque le Christ dit « je vous aime », la croix est incluse. Son amour, synonyme de la croix, de don passionné de soi, est un devoir impérieux, une mission commandée ! C’est dans cette optique que le Christ nous révèle qu’un amour pur, sincère et véritable est un amour que l’on donne gracieusement et librement et qu’on reçoit avec déférence. A travers la Passion qu’il s’apprête à vivre, le Christ expérimente dans sa chair cet amour qui se donne et se reçoit. Au soir de son départ de cette terre, il prescrit à ses disciples « le commandement de l’amour » comme gage de leur mission: « de votre amour, ils sauront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 15).

La nouveauté de l’amour de Jésus est donc dans le terme « commandement » qui a une nuance significative chez Saint Jean, quand il l’emploie dans le sens de « commandement de l’amour ». D’autre part,  il l’utilise en référence au « commandement de Moïse », grande figure de législateur du Pentateuque. A l’une ou autre utilisation correspond une particularité qui mérite d’être soulignée.

En effet Saint Jean utilise volontiers le terme grec « entolè » qui signifie précepte, conseil, instruction, prescription, lorsqu’il s’agit du commandement de l’amour laissé par Jésus. Dans ce cas, l’expression « commandement de l’amour » a le sens de « prescription médicale », cure pour notre bien et pour notre santé. Ici, le patient a l’obligation de soins, il est à la fois l’objet et le sujet du commandement. Cela veut dire qu’il décide de s’appliquer la prescription, de l’observer ou non. La prescription a une valeur indicative dont l’application dépend fortement de celui à qui elle est formulée. Elle n’est pas forcément un ordre péremptoire, quelque chose d’obligatoire comme nous l’entendons dans la signification courante d’une loi ou d’un commandement « nomos » dont la non-observance entraine une sanction venant de l’extérieur. Le terme grec « entolè » viserait-il une exigence intérieure et « nomos », un commandement qui s’intéresse à nos actes extérieurs ?            L’Evangéliste Saint Jean joue subtilement sur les deux significations du terme commandement : commandement de l’amour donné par Jésus (entolè) d’un côté et commandement de Moïse (nomos) de l’autre. La nouveauté de la Loi du Christ est qu’elle renouvelle notre vie intérieure. Parlant de la loi « nomos », celle qui n’est pas cadrée par l’amour, Jésus dira : « je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». Ces propos assez ambigus veulent tout simplement ôter à la loi mosaïque son caractère de carcan et son aspect oppressif et coercitif, et lui conférer un visage d’amour, une prescription qui interpelle notre intériorité.  Dans la loi de Moïse, il fallait « faire », comptabiliser ce qu’on a pu faire ou pas, or dans le commandement de l’amour de Jésus, il faut s’ouvrir, accueillir et contempler l’amour qui puise sa source en Dieu. Avec le Christ, l’Amour (Dieu) a un visage humain,  à la portée de tous. C’est l’optique de la prescription (du commandement) que Jésus a suggérée à la femme adultère, alors que la loi de Moïse prescrivait sa lapidation : « Moi non plus je ne te condamne pas ! Va et désormais ne pêche plus » (Jn 8, 11) !

Ainsi pour servir et suivre le Christ, nous n’avons donc pas besoin de commandement « nomos », parfois rigide. Notre relation à Dieu ne s’inscrit pas dans l’observance des règles, d’un code de vie morale ou de dogmes si excellents soient-ils. Dans la « Loi Nouvelle », celle de l’amour, ce qui compte c’est la rencontre avec une personne : Jésus-Christ. Il est lui-même commandement, (entolè), qui nous guide à travers le sentier de notre vie (il est le Chemin), nous conduit au travers les ténèbres de nos vies (il est la Lumière), nous oriente résolument vers son royaume (il est la Vie).

Seigneur, répands en nos cœurs la force de ton esprit d’amour. Nous serons alors dignes de porter le nom de « disciple », celui qui témoigne de ton amour et de ta vérité !

 

Père Dieudonné MASSOMA, curé

Publié le 07 mai 2026

Row rect Shape Decorative svg added to top

Edito du curé – dimanche 10 mai 2026

« Mon Commandement, c’est l’amour. »

 

Ainsi pourrais-je paraphraser le long discours de Jésus rapporté par St Jean à un moment décisif de sa vie : les terribles évènements de la Passion. A cœur ouvert, Jésus donne à ses disciples interloqués par l’annonce de son départ, ses derniers conseils et recommandations. En ce 6ème dimanche de Pâques, le dernier avant l’Ascension, les paroles de Jean révèlent le commandement d’amour de Jésus: « si vous m’aimez, vous garderez mon commandement».

Jésus exprime dans son testament un amour qui n’est pas qu’une attitude remplie de pieux sentiments, mais un trait caractéristique de son intime relation avec ses disciples et de ses disciples avec son Père. L’originalité de l’amour que Jésus voudrait laisser à ses disciples, au soir de sa mission sur terre, vient de ce qu’il est un « commandement », un précepte, une exigence. Comment comprendre l’amour comme commandement ? L’amour peut-il être commandé ?

Amour et commandement ne sauraient coexister harmonieusement, mais au contraire semblent s’opposer. Dans l’imaginaire populaire, quand on parle d’amour et plus précisément quand on emploie l’expression « j’aime », celle-ci sous-entend « être libre», « faire ce qui me plait » « assouvir mes désirs sans contrainte », « avoir droit à… ». Ces notions, dans l’ensemble, s’opposent frontalement à ce qu’on désigne par « commandement », norme, restriction ou loi qui codifie.

Malheureusement, la signification ordinaire du mot « amour » est réduite à un sentiment d’une douce bonté ou à la passion souvent sensuelle.  A la différence de notre langage actuel, le mot « amour »dans le contexte du Nouveau Testament, est marqué par la Croix, et indique donc une bonté profonde qui s’offre et va jusqu’au bout dans le don de soi pour l’autre. Ainsi lorsque le Christ dit « je vous aime », la croix est incluse. Son amour, synonyme de la croix, de don passionné de soi, est un devoir impérieux, une mission commandée ! C’est dans cette optique que le Christ nous révèle qu’un amour pur, sincère et véritable est un amour que l’on donne gracieusement et librement et qu’on reçoit avec déférence. A travers la Passion qu’il s’apprête à vivre, le Christ expérimente dans sa chair cet amour qui se donne et se reçoit. Au soir de son départ de cette terre, il prescrit à ses disciples « le commandement de l’amour » comme gage de leur mission: « de votre amour, ils sauront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 15).

La nouveauté de l’amour de Jésus est donc dans le terme « commandement » qui a une nuance significative chez Saint Jean, quand il l’emploie dans le sens de « commandement de l’amour ». D’autre part,  il l’utilise en référence au « commandement de Moïse », grande figure de législateur du Pentateuque. A l’une ou autre utilisation correspond une particularité qui mérite d’être soulignée.

En effet Saint Jean utilise volontiers le terme grec « entolè » qui signifie précepte, conseil, instruction, prescription, lorsqu’il s’agit du commandement de l’amour laissé par Jésus. Dans ce cas, l’expression « commandement de l’amour » a le sens de « prescription médicale », cure pour notre bien et pour notre santé. Ici, le patient a l’obligation de soins, il est à la fois l’objet et le sujet du commandement. Cela veut dire qu’il décide de s’appliquer la prescription, de l’observer ou non. La prescription a une valeur indicative dont l’application dépend fortement de celui à qui elle est formulée. Elle n’est pas forcément un ordre péremptoire, quelque chose d’obligatoire comme nous l’entendons dans la signification courante d’une loi ou d’un commandement « nomos » dont la non-observance entraine une sanction venant de l’extérieur. Le terme grec « entolè » viserait-il une exigence intérieure et « nomos », un commandement qui s’intéresse à nos actes extérieurs ?            L’Evangéliste Saint Jean joue subtilement sur les deux significations du terme commandement : commandement de l’amour donné par Jésus (entolè) d’un côté et commandement de Moïse (nomos) de l’autre. La nouveauté de la Loi du Christ est qu’elle renouvelle notre vie intérieure. Parlant de la loi « nomos », celle qui n’est pas cadrée par l’amour, Jésus dira : « je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». Ces propos assez ambigus veulent tout simplement ôter à la loi mosaïque son caractère de carcan et son aspect oppressif et coercitif, et lui conférer un visage d’amour, une prescription qui interpelle notre intériorité.  Dans la loi de Moïse, il fallait « faire », comptabiliser ce qu’on a pu faire ou pas, or dans le commandement de l’amour de Jésus, il faut s’ouvrir, accueillir et contempler l’amour qui puise sa source en Dieu. Avec le Christ, l’Amour (Dieu) a un visage humain,  à la portée de tous. C’est l’optique de la prescription (du commandement) que Jésus a suggérée à la femme adultère, alors que la loi de Moïse prescrivait sa lapidation : « Moi non plus je ne te condamne pas ! Va et désormais ne pêche plus » (Jn 8, 11) !

Ainsi pour servir et suivre le Christ, nous n’avons donc pas besoin de commandement « nomos », parfois rigide. Notre relation à Dieu ne s’inscrit pas dans l’observance des règles, d’un code de vie morale ou de dogmes si excellents soient-ils. Dans la « Loi Nouvelle », celle de l’amour, ce qui compte c’est la rencontre avec une personne : Jésus-Christ. Il est lui-même commandement, (entolè), qui nous guide à travers le sentier de notre vie (il est le Chemin), nous conduit au travers les ténèbres de nos vies (il est la Lumière), nous oriente résolument vers son royaume (il est la Vie).

Seigneur, répands en nos cœurs la force de ton esprit d’amour. Nous serons alors dignes de porter le nom de « disciple », celui qui témoigne de ton amour et de ta vérité !

 

Père Dieudonné MASSOMA, curé

Publié le 07 mai 2026

Row rect Shape Decorative svg added to top

Edito du curé – dimanche 10 mai 2026

lelien

« Mon Commandement, c’est l’amour. »

 

Ainsi pourrais-je paraphraser le long discours de Jésus rapporté par St Jean à un moment décisif de sa vie : les terribles évènements de la Passion. A cœur ouvert, Jésus donne à ses disciples interloqués par l’annonce de son départ, ses derniers conseils et recommandations. En ce 6ème dimanche de Pâques, le dernier avant l’Ascension, les paroles de Jean révèlent le commandement d’amour de Jésus: « si vous m’aimez, vous garderez mon commandement».

Jésus exprime dans son testament un amour qui n’est pas qu’une attitude remplie de pieux sentiments, mais un trait caractéristique de son intime relation avec ses disciples et de ses disciples avec son Père. L’originalité de l’amour que Jésus voudrait laisser à ses disciples, au soir de sa mission sur terre, vient de ce qu’il est un « commandement », un précepte, une exigence. Comment comprendre l’amour comme commandement ? L’amour peut-il être commandé ?

Amour et commandement ne sauraient coexister harmonieusement, mais au contraire semblent s’opposer. Dans l’imaginaire populaire, quand on parle d’amour et plus précisément quand on emploie l’expression « j’aime », celle-ci sous-entend « être libre», « faire ce qui me plait » « assouvir mes désirs sans contrainte », « avoir droit à… ». Ces notions, dans l’ensemble, s’opposent frontalement à ce qu’on désigne par « commandement », norme, restriction ou loi qui codifie.

Malheureusement, la signification ordinaire du mot « amour » est réduite à un sentiment d’une douce bonté ou à la passion souvent sensuelle.  A la différence de notre langage actuel, le mot « amour »dans le contexte du Nouveau Testament, est marqué par la Croix, et indique donc une bonté profonde qui s’offre et va jusqu’au bout dans le don de soi pour l’autre. Ainsi lorsque le Christ dit « je vous aime », la croix est incluse. Son amour, synonyme de la croix, de don passionné de soi, est un devoir impérieux, une mission commandée ! C’est dans cette optique que le Christ nous révèle qu’un amour pur, sincère et véritable est un amour que l’on donne gracieusement et librement et qu’on reçoit avec déférence. A travers la Passion qu’il s’apprête à vivre, le Christ expérimente dans sa chair cet amour qui se donne et se reçoit. Au soir de son départ de cette terre, il prescrit à ses disciples « le commandement de l’amour » comme gage de leur mission: « de votre amour, ils sauront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 15).

La nouveauté de l’amour de Jésus est donc dans le terme « commandement » qui a une nuance significative chez Saint Jean, quand il l’emploie dans le sens de « commandement de l’amour ». D’autre part,  il l’utilise en référence au « commandement de Moïse », grande figure de législateur du Pentateuque. A l’une ou autre utilisation correspond une particularité qui mérite d’être soulignée.

En effet Saint Jean utilise volontiers le terme grec « entolè » qui signifie précepte, conseil, instruction, prescription, lorsqu’il s’agit du commandement de l’amour laissé par Jésus. Dans ce cas, l’expression « commandement de l’amour » a le sens de « prescription médicale », cure pour notre bien et pour notre santé. Ici, le patient a l’obligation de soins, il est à la fois l’objet et le sujet du commandement. Cela veut dire qu’il décide de s’appliquer la prescription, de l’observer ou non. La prescription a une valeur indicative dont l’application dépend fortement de celui à qui elle est formulée. Elle n’est pas forcément un ordre péremptoire, quelque chose d’obligatoire comme nous l’entendons dans la signification courante d’une loi ou d’un commandement « nomos » dont la non-observance entraine une sanction venant de l’extérieur. Le terme grec « entolè » viserait-il une exigence intérieure et « nomos », un commandement qui s’intéresse à nos actes extérieurs ?            L’Evangéliste Saint Jean joue subtilement sur les deux significations du terme commandement : commandement de l’amour donné par Jésus (entolè) d’un côté et commandement de Moïse (nomos) de l’autre. La nouveauté de la Loi du Christ est qu’elle renouvelle notre vie intérieure. Parlant de la loi « nomos », celle qui n’est pas cadrée par l’amour, Jésus dira : « je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». Ces propos assez ambigus veulent tout simplement ôter à la loi mosaïque son caractère de carcan et son aspect oppressif et coercitif, et lui conférer un visage d’amour, une prescription qui interpelle notre intériorité.  Dans la loi de Moïse, il fallait « faire », comptabiliser ce qu’on a pu faire ou pas, or dans le commandement de l’amour de Jésus, il faut s’ouvrir, accueillir et contempler l’amour qui puise sa source en Dieu. Avec le Christ, l’Amour (Dieu) a un visage humain,  à la portée de tous. C’est l’optique de la prescription (du commandement) que Jésus a suggérée à la femme adultère, alors que la loi de Moïse prescrivait sa lapidation : « Moi non plus je ne te condamne pas ! Va et désormais ne pêche plus » (Jn 8, 11) !

Ainsi pour servir et suivre le Christ, nous n’avons donc pas besoin de commandement « nomos », parfois rigide. Notre relation à Dieu ne s’inscrit pas dans l’observance des règles, d’un code de vie morale ou de dogmes si excellents soient-ils. Dans la « Loi Nouvelle », celle de l’amour, ce qui compte c’est la rencontre avec une personne : Jésus-Christ. Il est lui-même commandement, (entolè), qui nous guide à travers le sentier de notre vie (il est le Chemin), nous conduit au travers les ténèbres de nos vies (il est la Lumière), nous oriente résolument vers son royaume (il est la Vie).

Seigneur, répands en nos cœurs la force de ton esprit d’amour. Nous serons alors dignes de porter le nom de « disciple », celui qui témoigne de ton amour et de ta vérité !

 

Père Dieudonné MASSOMA, curé

Dans ce dossier

Publié le 07 mai 2026