HOMELIE DU MERCREDI DES CENDRES

Cela ne peut attendre ! Il y a urgence !

L’appel de Dieu ne souffre ni retard, ni hésitation. « Dès maintenant, dit Dieu, revenez à moi de tout votre cœur » (Joël, 2,12). Pour ceux qui tarderaient encore, Il insiste : « Revenez au Seigneur votre Dieu » (Joël 2,13). Entrer en carême, c’est entendre l’appel double de Dieu et vouloir y répondre. Pourtant, que de fois, avons-nous vécu le carême avec insouciance, sans le moindre effort…Nous avons fini par tomber sur Pâques, par hasard pour ainsi dire.

Cela ne peut attendre ! Il y a urgence !

Saint Paul dans la seconde lecture se fait implorant : « Nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Cor 2,20). Parce qu’il connait notre surdité, notre aveuglement et notre dureté de cœur mais plus encore parce qu’il est conscient du prix que Dieu a donné pour que nous revenions à lui, il parle de « moment favorable » (2 Cor 6,1) lui aussi à deux reprises, comme en réponse à l’appel double de la première lecture.

Cet appel double de Dieu et de son disciple Paul, je veux le reprendre pour nous, aujourd’hui : « Revenez à Dieu de tout votre cœur, je vous en supplie, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! »

Le carême est le moment favorable où nous pouvons travailler avec détermination et patience à notre conversion. Oui, nous voulons devenir meilleurs avec la grâce de Dieu ! Oui, nous le devons à Dieu qui a livré son fils pour notre salut.

Le carême est le moment favorable où nous pouvons nous associer à Jésus-Christ pour dégager notre cœur enlisé dans la fange du péché, encombré par les futilités et les illusions du monde.

Le carême est le moment favorable où Dieu le Père qui voit les intentions de notre cœur reconnaitra dans notre prière, notre aumône et notre jeûne les expressions de notre repentir et de notre reconnaissance.

Dans le texte de l’Evangile que nous venons de proclamer,  Jésus nous offre les trois moyens traditionnels que sont le jeûne, la prière et l’aumône pour retrouver Dieu. Il nous invite à les vivre authentiquement pour découvrir Dieu sous son véritable visage. Il est  « ton Père » dit Jésus. (Mt 6, 4.6.8.18) Il connaît ton cœur, sa profondeur, sa beauté, sa blessure aussi. Et pour cela, Il donne l’Esprit Saint qui est le divin ami. Fortifié par sa présence, tu pourras aller, sans aucun doute, à la rencontre de ton Père, de notre Père des cieux. (Actes 15,8) C’est dans le secret d’un cœur dégagé et déployé que tu pourras vivre de lui et avec lui.  C’est cela revenir au Seigneur de tout son cœur.

Vous l’avez remarqué, j’en suis sûr, pour faciliter notre retour à lui, Dieu demande de « convoquer une assemblée sainte » (Joël 2,16),  sans oublier personne du vieillard jusqu’au nourrisson. Tous doivent revenir à Dieu. Si la démarche de conversion est personnelle, elle n’est jamais individuelle. Nous sommes membre d’un peuple convoqué par Dieu qui s’appelle l’Eglise.

Notre conversion concerne l’Eglise. Elle nous porte vers Dieu, nous accompagne dans notre combat spirituel en nous revêtant de l’armure de Dieu que Saint Paul décrit de la sorte : « A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse  et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ephésiens 6, 14-17). Sans cette armure, nous ne pourrons arriver à vaincre le mal qui étend encore sa domination en nous et autour de nous.

Notre conversion concerne l’Eglise parce qu’elle grandit lorsque ses enfants se rapprochent de Dieu. Elle est plus ardente pour répandre le règne du Christ dans le monde. En cette année, où nous fêtons le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima, nous comprenons cela plus facilement. La Vierge Marie, à Fatima en particulier, révèle ce qui pourrait arriver au monde si nous nous ne convertissons pas. Elle mobilise ses enfants à entrer dans la prière, le jeûne et la pénitence pour que les hommes et même les états se convertissent. Notre conversion peut faire beaucoup dans la communion des saints. En travaillant à notre sanctification, nous œuvrons au bien du monde

Pour nous aider à durer dans l’effort de carême, nous avons mis en place : Les rendez-vous du vendredi. Tous les vendredis de carême, il y aura  deux moments important:

De 15 heures à 17 heures à Saint-Michel, nous suivrons le Christ sur le chemin de la croix avant de l’adorer au Saint-Sacrement et de prier le chapelet de la miséricorde divine. Se rassembler autour de la croix, c’est un moyen concret de nous rappeler que Dieu a payé le prix cher pour nous réconcilier avec lui. Dans la croix, nous trouverons la force de marcher vers Dieu. 

De 18 heures à 21 heures 30 à la Sainte-Famille, nous jeûnerons à la suite de la Sainte Messe avant d’approfondir notre foi autour d’une veillée ou d’une conférence.

Nous avons édité une feuille pour vous rappeler ces moyens de vire un bon carême. Je vous demande de sanctuariser les vendredis de carême. Pour cela de ne rien prendre de ce qui vous retarderez dans votre retour à Dieu.

De plus tous les dimanches, nous méditerons le psaume 50 que nous venons d’entendre. Nous entrerons ainsi dans le Saint Sacrifice de la messe en faisant nôtre la supplique du psalmiste : « Pitié mon Dieu dans ton amour…contre toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait » (Ps 50, 3.6). Comme le demande le Seigneur dans la première lecture, les prêtres se tiendront à genoux devant l’autel en signe de pénitence et de conversion.

 

Il n’y a pas de démarche de conversion véritable qui n’aboutisse au sacrement de réconciliation que Dieu donne en réponse à la confession de nos péchés. Revenir à Dieu, c’est passer par le confessionnal. Certains hésitent encore parce que la démarche est coûteuse. Elle demande de l’audace, de l’humilité, de la simplicité... Pour vous aider, je vous propose de regarder et d’embrasser quotidiennement la croix. Je demande à chacun d’entre vous de rencontre un prêtre avant Pâques pour se confesser ou, si vous n’y arrivez pas encore, pour solliciter l’imposition des mains afin de recevoir, à nouveau, la force de l’Esprit Saint.

« Dès maintenant, dit Dieu, revenez à moi de tout votre cœur » (Joël, 2,12) dit Dieu. Dans quelques instants, nous recevrons les cendres. Ils sont le signe que sans Dieu, nous ne sommes rien, que sans lui, nous sommes poussière. (Jean 15). Puisque c’est lui qui nous donne la vie, la croissance et l’être, demandons-lui, avec confiance et humilité, la force de l’Esprit Saint pour que nous œuvrions à notre «retour à Dieu » en ce temps favorable du carême.  Haut les cœurs ! Amen.

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