Messe du 08 septembre, fête de Notre-Dame du Peuple.

Chers amis,
Nous voici devant la chapelle de Notre-Dame-du –peuple. C’est en présence de nos élus que nous venons confier la ville de Draguignan à la prière de la Vierge Marie. Ce soir, nous sommes les ambassadeurs d’une cité, d’un peuple qui cherche et espère, qui travaille et partage, qui combat et soigne.

Ce soir, nous joignons nos mains, pour tous les habitants de notre ville en demandant à Dieu, non seulement de les préserver des pestes d’aujourd’hui, mais surtout de répandre sur chacun l’Esprit Saint : esprit de force et de sagesse, esprit d’intelligence et de conseil, esprit de science et de piété, esprit d’adoration. Par ses dons, l’Esprit Saint fait toute chose nouvelle.

Beaucoup de dracénois passent en cette chapelle votive. Construite dès 1524 pour remercier la Vierge Marie de sa protection fasse aux épidémies de peste. Elle est devenue, pour ainsi dire, la maison maternelle des habitants de Draguignan.

Ici, on arrive avec ses difficultés, ses joies et se peines,
Ici, on se livre dans les larmes et l’espérance,
Ici, dans la peine ombre, on entraperçoit mieux le ciel,
Ici, on découvre et retrouve le cœur de celle qui est toute mère : la mère de Dieu, la mère du Sauveur, la mère de l’Eglise, notre mère.
Ici, plus qu’ailleurs, on peut entendre Dieu nous dire : « N’aie pas peur de prendre chez toi, Marie » (Mat1) Car lorsqu’on se confie à Dieu, Lui, nous offre sa mère.

C’est l’expérience de cette femme, dont la tradition retient qu’arrivant, en ce lieu, chargée d’un ballot infesté par la peste doit le laisser sur place et accueillir en échange la Sainte Vierge. Au début de la Bible, devant la solitude de l’homme, Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qu’il lui soit accordée » (Gn 2,18) En disant cela, Dieu pensait déjà à Marie. La seule aide qui nous soit vraiment accordée. Elle est le don que Dieu dépose à nos côtés.

Ce soir, l’Evangile nous offre de contempler la manière dont Dieu s’y prend pour nous rejoindre au milieu de nos tribulations. Joseph est inquiet. Il cherche à renvoyer Marie, sans faire de bruit, pour la protéger. Pour cela, il choisit le secret. Il entoure la mère et l’enfant de son manteau de silence pudique et respectueux. Et c’est à ce moment précis que Dieu fait irruption. « Voici » dit l’évangile pour mieux souligner l’immédiateté et l’inattendu de la manifestation divine. Dieu fait irruption auprès de ce cœur blessé et toujours aimant, de ce cœur meurtri et bienveillant plongé dans l’incompréhension. Dieu fait irruption pour dévoiler les secrets de son cœur divin. Et les rêves de Dieu deviennent les songes de Joseph. Il écoute et se nourrit de la parole vivifiante de Dieu. A la voix de Dieu : « N’aie pas peur de prendre chez toi, Marie », il se tourne vers Marie. Sous l’action de l’Esprit Saint, Joseph la découvre Vierge et Mère du Sauveur. Il accueille, Marie, d’une façon toute nouvelle. Elle ne sera pas seulement l’épouse aimée mais le regard maternel que Dieu pose sur chaque homme. Il sait, maintenant, que sa bien-aimée revêt d’un corps d’innocence celui que le monde ne peut contenir. Il sait que, grâce à elle, l’homme, tout homme, pourra voir Dieu, connaître son amour et y répondre, recevoir son pardon…en un mot : être sauvé.

Cette expérience salutaire s’est, pour ainsi dire, renouvelé à plusieurs reprises en ce lieu. Aux heures les plus obscures de notre histoire, le peuple dracénois s’est tourné vers celle qui a engendré le Seul Sauveur de l’homme. En se rendant à la maison de la Vierge Marie le peuple a reçu, non seulement, une protection mais celui qui est la résurrection et la vie éternelle.

Ce soir, je rends grâce à Dieu de nous avoir donné, la Vierge Marie, mère de notre sauveur. Et je la remercie pour toutes les grâces reçues en ce lieu et la prie pour chaque habitant de notre cité les bien-portant comme les malades, ceux qui fuient Dieu comme ceux qui le cherchent, ceux qui l’aiment comme ceux qui ne savent plus aimer, ceux qui doutent comme ceux qui croient… que le Vierge Marie les place sous son manteau et les conduise jusqu’à Dieu qui est Père+ Fils et Saint Esprit. Amen

Abbé José VAN OOST, curé

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